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couverture du magazine n° FDM 204 : Représenter les Français de l'étranger

Français du monde n°204 :
Représenter les Français de l’étranger

ÉDITO / Outre la Covid-19, les vaccins, le passe sanitaire et le retour en France, même provisoire, l’élection des conseillers des Français de l’étranger a occupé nos communautés pendant plusieurs mois. Les conseillers sont des élus de proximité dont le rôle est de représenter et de défendre les intérêts des Français de leur circonscription auprès des autorités françaises. Reportées d’un an pour cause de pandémie, les élections se sont tenues le dernier week-end de mai, à l’exception de Madagascar et de l’Inde, encore trop touchés par le virus pour en permettre l’organisation.

Profitons de cette élection pour réaliser un survol historique : déjà, au temps de Colbert, des « députés de la nation » étaient nommés dans les colonies françaises. Ils siégeaient auprès des consuls de France et faisaient remonter les doléances auprès des autorités françaises. C’est cependant après la Seconde Guerre mondiale que les choses évoluent favorablement. La mobilisation pendant la guerre et la Résistance ont permis de comprendre l’importance et l’engagement de ces Français de l’extérieur. Néanmoins, les Français de l’étranger ne seront pas représentés à l’Assemblée constituante de 1945. C’est la création d’une deuxième Chambre, le Conseil de la République (le Sénat de l’époque) qui permit l’introduction de représentants de Français de l’étranger au Parlement. Ils étaient au nombre de trois, nombre qui passera à 6 en 1958, à 9 en 1962 et à 12 en 1983.

Le Conseil supérieur des Français de l’étranger (CSFE) fut créé par le décret du 7 juillet 1948 et, à l’époque, les membres du CSFE sont désignés par les ambassadeurs sur proposition d’organismes ou associations français en fonction du nombre de leurs membres ; il n’y avait qu’une seule association représentative, l’Union des Français de l’Etranger, créée en 1927. La création de l’ADFE en 1980 bouscule le paysage et l’arrivée de la gauche au pouvoir apporte des changements majeurs. 1982 marque un tournant dans la représentation des Français de l’étranger avec l’introduction du suffrage universel direct dans l’élection des élus au CSFE. L’action du CSFE se prolonge par la création de commissions consulaires sur les bourses, l’action sociale, puis l’emploi où siègent les représentants des associations et les délégués au CSFE.

En 2004, suite à une réforme voulue par les élus eux-mêmes, l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) remplace le CSFE : elle est composée de 180 membres et a une double mission : « donner des avis au gouvernement sur les questions et projets intéressant les Français établis hors de France et le développement de la présence française à l’étranger » tout en étant le collège électoral des sénateurs des Français de l’étranger. Les élus prennent plus de poids et l’organisation se rapproche des assemblées parlementaires, même si l’AFE reste une assemblée consultative.

En 2012, se tiennent les premières élections des députés des Français de l’étranger dans 11 circonscriptions d’un poids démographique équivalent, réparties sur les différents continents, la représentation parlementaire des expatriés est alors complète.La loi du 22 juillet 2013, portée par Hélène Conway-Mouret, alors ministre déléguée des Français de l’étranger, voit la création du mandat de conseiller consulaire, devenu conseiller des Français de l’étranger. Ces 443 conseillers sont des élus de proximité, plus nombreux, plus proches des électeurs. L’autre avantage de cette réforme est l’élargissement du collège électoral pour les sénatoriales. Les conseillers élisent ensuite ceux parmi eux qui siègeront à l’AFE, dont le rôle est toujours de conseiller le gouvernement en produisant des rapports sur des thèmes transversaux.

Si l’abstention est un problème croissant lors des élections en France, elle est endémique aux élections concernant les Français de l’étranger, sauf pour les sénatoriales où le vote est obligatoire. Outre le vote à l’urne, il est pourtant possible de voter par procuration et par Internet. La fracture numérique, l’éloignement de l’urne, l’isolement sont autant de raisons objectives de ne pas participer à l’élection. Il est quand même regrettable que la participation soit aussi faible. Nos associations, nos conseillers répondent pourtant toujours présents quand il s’agit de défendre nos compatriotes. Ils sont toujours disponibles, engagés et bénévoles. Ils mériteraient d’être mieux élus. Dommage, encore une fois !

Claudine Lepage,
Présidente

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