L’Alliance Française, une institution au service de la francophonie

Alliance française

Mouvement centenaire, l’Alliance Française est la première école de langue française et la première ONG culturelle au monde. Chaque jour et sur le terrain, les 835 Alliances Françaises font vivre et aimer la langue française et les cultures francophones dans plus de 130 pays où elles sont présentes. Animées par 15.000 collaborateurs, elles rassemblent chaque année près de 500.000 étudiants et 3,5 millions de participants aux 26.000 évènements organisés sur les cinq continents. Pourtant, cette institution, qui fait rayonner la francophonie, vient de vivre une des plus graves crises de son histoire en raison de la pandémie.

En plein cœur de la crise sanitaire, nous étions plus de 10.000 personnes à signer la pétition « sauvons les Alliances Françaises ». Ce manifeste avait pour objectif d’attirer l’attention des pouvoirs publics sur le risque de disparation de dizaines d’Alliances Françaises. Alors que la sortie de crise pointe le bout de son nez, des Alliances Françaises continuent de souffrir et les aides promises sont restées lettre morte. Il ne faut pas oublier que les Alliances Françaises sont des associations de droit local privé, essentiellement autofinancées via leurs cours de français, soutenues par l’État parfois à travers le détachement de directeurs et de subventions, essentiellement pour des événements culturels. Certaines survivent grâce au travail inconditionnel de bénévoles.

Le problème de fond réside sur les moyens que nous souhaitons donner à nos ambitions. Lors de son discours, qu’il voulait fondateur, pour la francophonie en 2018 à l’Institut de France, le président Macron souhaitait que l’on crée 10 nouvelles Alliances Françaises par an. A l’inverse, nous avons assisté à des fermetures. Même si des solutions ont pu être mises en place, notamment à travers le numérique, rien ne remplacera le présentiel. Le facteur humain est toujours un atout que le numérique ne peut changer. L’essence même d’une Alliance Française, c’est d’être un lieu de rencontre, d’échange, de débat, pour les amoureux de la langue française et des cultures francophones.

Croire en la francophonie, croire aux institutions qui la portent, cela signifie se doter d’un programme ambitieux mais surtout applicable. Les effets d’annonce sont fédérateurs mais encore faut-il les mettre en œuvre. Nous avons donc besoin d’une volonté forte, et la traduire par des actes concrets. Alors que les objectifs semblaient tracés, les investissements se font encore attendre. Des annonces d’autant plus nuancées par l’absence d’un ministère, ou d’un secrétariat d’État dédié à la francophonie. Sans parler de la réduction du périmètre d’action de la Fondation des Alliances Françaises, qui réalise cependant un travail remarquable d’animation du réseau. Il faudrait certainement donner plus de moyens à cette institution, augmenter les postes de directeurs détachés, sanctuariser des crédits pour le sauvetage et la création d’Alliances Françaises.

La capacité de promotion de la langue française de par le monde et son enseignement de qualité doivent rester une priorité. Pour ce faire, il est essentiel d’entretenir et de développer l’important réseau d’enseignement du français, les Alliances françaises et l’ensemble des structures qui concourent à son attractivité (Institut Français, Organisation Internationale de la Francophonie…). Par ailleurs, ces institutions doivent davantage se coordonner et se fixer un cap commun, au bénéfice de la francophonie, afin de générer des complémentarités qui favoriseront la croissance de la langue française. Sans oublier, surtout en des temps sombres, que la francophonie, au-delà de la langue, doit rester un pont au service de la paix et de la coopération entre les peuples.

 

Antoine Lissorgues
Administrateur de Français du monde-adfe,
Équateur

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