Une victoire pour le Chili, de nombreuses pertes pour le Lycée Français de Santiago

 

Le Chili vient de vivre un moment historique : le 25 octobre dernier, le peuple Chilien a voté dans son immense majorité pour changer de Constitution. Il y a un an, le 18 octobre 2019, le pays “se réveillait”. Après l’augmentation de 30 pesos du ticket de métro, les collégien·nes et les lycéen·nes décidèrent de ne plus payer ce ticket et de sauter par dessus les tourniquets. La suite, nous la connaissons : répression des carabiniers, jeunes étudiant·es rejoint·es par le peuple, manifestations fortement réprimées partout dans le pays. Et finalement, le 25 octobre 2019, une manifestation gigantesque dans Santiago et dans tout le Chili, plus de 2 millions de Chiliennes et Chiliens de tous âges dans les rues pour réclamer une vie plus digne, du jamais vu. Un an plus tard, le peuple s’est exprimé dans les urnes : à 78% pour le changement de Constitution et à près de 80% pour le faire au travers d’une Assemblée Constituante. En ce soir du 25 octobre 2020, ce sont des milliers de personnes qui se sont retrouvées dans les rues pour célébrer la victoire du Apruebo – Convención Constitucional !

Les membres de notre association Français du Monde – Adfe Chili s’associent à cette célébration, remerciant le peuple Chilien de leur avoir donné l’opportunité de participer à ce vote et cette victoire. Nous continuerons à apporter notre pierre sur ce chemin initié il y a un an.

C’est dans ce contexte de demande populaire pour plus de dignité, et encore sous le choc suite au terrible attentat proféré contre un enseignant à Conflans Saint-Honorine, que nous avons appris le licenciement de 40 fonctionnaires du Lycée Antoine de Saint-Exupéry de Santiago, 33 formant partie du personnel des services généraux, 7 étant professeurs. Le lycée a décidé d’externaliser les services de nettoyage et maintenance. Quant aux enseignant·es, pourquoi ce choix et sur quels critères ? Un plan de licenciement sans précédent… Le modèle éducatif de cet établissement tournerait complètement vers le marché ? Sous prétexte de la pandémie de Covid-19, l’éducation est donc désormais considérée comme une marchandise et soumise au principe de la rentabilité financière ?

 

Le 13 mars 2020 le directeur de l’AEFE, aux communautés scolaires des lycées français du monde déclarait :

« Chers élèves,

Depuis l’apparition de cette crise sanitaire inédite, l’action de l’Agence s’est concentrée autour de deux priorités :

–      La sécurité et la santé de nos élèves, des personnels et des familles tout d’abord, avec également le souci que les établissements d’enseignement français ne soient pas des foyers d’introduction ou de développement du virus dans les pays où ils sont installés ;

–      La mise en place ensuite d’un dispositif de continuité pédagogique pour les élèves touchés par la fermeture de leur établissement. »

« Vous le savez, l’enseignement français auquel nous sommes attachés, et pour lequel l’engagement de nos autorités est total, ce n’est pas seulement un enseignement d’excellence. C’est aussi une éducation porteuse de valeurs fortes pour vous aider à devenir les citoyens éclairés dont le monde à venir à besoin, où que vous soyez».

Le Chili est bien connu comme étant le pays laboratoire du néolibéralisme, ne respectant ni les droits des travailleuses et des travailleurs ni les valeurs d’humanisme et de solidarité, valeurs qui seront d’ailleurs traitées au cœur de la prochaine « Semaine des lycées français du monde » qui se tiendra ‪du 30 novembre au 5 décembre 2020‬. 

Ces quarante salarié·es font face non seulement à une crise sanitaire, mais également à une crise sociale, ce que la France, pays des Droits de l’Homme ne peut ignorer.

Ce ne sont pas 40 noms, ce sont 40 vies. Nous connaissons toutes et tous le contexte de pandémie mondiale, la crise économique qui touche le monde et le Chili. Mais comment accepter que des personnels travaillant dans cet établissement, depuis de très longues années pour beaucoup d’entre eux, puissent être appelés d’une minute à une autre, au milieu de leur journée de travail, apprenant alors leur licenciement, et attendus à la sortie du lycée par un bus les amenant signer ce licenciement chez le notaire ?…. Que se passera-t-il pour les enfants de ces personnels scolarisés dans l’établissement ? Et encore tant d’autres questions… 

Notre association tient à exprimer sa profonde et entière solidarité pour ces personnels, Français·es et Chilien·nes. Nous ferons tout notre possible pour aider nos compatriotes, notamment au travers du Comité consulaire des Bourses où siège notre Présidente. 

 

Association FdM-Adfe Chili

 

Article de presse : 

https://www.eldesconcierto.cl/2020/10/28/y-la-fraternidad-colegio-alianza-francesa-anuncia-externalizacion-de-servicios-y-despide-sin-previo-aviso-a-40-funcionarios-y-profesores/

Intervention du Président du Colegio de Profesores de Chili : https://drive.google.com/file/d/1UMW_wLJxPtXmCYrqqkzx_DhNm54GPuTJ/view?usp=sharing

 

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