L’association Français du monde-adfe signe la pétition lancée par ActionAid, pourquoi ?

ActionAid, qui est-ce ?

Créée en 1972, ActionAid était à l’origine une association britannique de parrainage d’enfants en Inde et au Kenya. Au fil du temps, l’association a étendu son champ d’action pour soutenir non seulement des enfants mais aussi leurs communautés et ce, dans davantage de pays, alors que d’autres associations partageant les mêmes objectifs sont apparues en Europe, au Brésil et aux États-Unis.

Dans les années 1990, ces associations se sont regroupées et ont adopté une nouvelle approche, passant par la défense des droits humains et par la décentralisation des décisions, pour donner le pouvoir et les moyens d’agir aux premières personnes concernées par les injustices et la pauvreté.

En 2003, la fédération ActionAid International est née. Basée à Johannesburg, en Afrique du Sud, elle rassemble une trentaine d’associations sur tous les continents, et mène des actions humanitaires, des programmes d’aide au développement et/ou des campagnes de défense des droits humains dans une quinzaine d’autres pays. ActionAid est aujourd’hui présente dans 45 pays et travaille avec 15 millions de personnes dans le monde.

Le contexte de la pétition

Dans le cadre de sa stratégie, pour les années 2018 à 2028, qui consiste à renforcer l’élan international visant l’instauration de la justice sociale, économique et environnementale, ActionAid a pris l’initiative d’une pétition, suite à la pandémie de la Covid-19 et à ses effets dans le monde entier. En effet, on considère qu’au plus fort de la crise, 1,5 milliard d’enfants étaient temporairement déscolarisés, sans que les conditions du travail scolaire à la maison recouvrent les mêmes réalités familiales. En cette période de rentrée dans de nombreux pays, certains enfants ne disposeront pas d‘école prête pour les accueillir, quand d’autres devront aller travailler. Selon l’Unicef, ces cas se compteraient en millions, auxquels il faut ajouter les filles confrontées à une augmentation du nombre de grossesses et de mariages précoces déjà enregistrée.

Mais le plus grave est à venir : l’Unesco estime qu’au moins 210 milliards de dollars seront supprimés des budgets de l’éducation en 2021, en raison de la baisse des PIB, soit une réduction d’environ 5% ce qui représente une perte totale de 337 milliards de dollars en dépenses d’éducation.

L’appel à l’action

Face à cette situation qui risque d’accentuer encore la brèche existante entre les pays et en leur sein, 190 organisations ont décidé de lancer un appel à l’action pour le financement durable de l’éducation post-Covid-19. Coordonné par ActionAid, l’Appel à l’action a recueilli un soutien massif de la part des confédérations syndicales, de grandes ONG internationales, de groupes de campagne, d’organisations de défense des droits humains, de mouvements de femmes, de fondations, d’organisations régionales en Afrique, en Asie, en Amérique latine et dans les pays arabes, de dizaines de coalitions nationales de l’éducation et d’un large éventail d’ONG nationales et locales.

L’appel énonce dix mesures susceptibles de transformer les systèmes éducatifs, en partant de l’idée que les pays devraient consacrer 20 % de leur budget national à l’éducation. Ce budget défendu pourrait être augmenté grâce à l’action en matière d’impôt équitable ; il s’agirait également d’exploiter les ressources existantes dans les trésoreries nationales : éviter que les gouvernements n’utilisent leur recette pour rembourser d’anciennes dettes au lieu d’investir dans une réponse globale à la pandémie. Un nouveau processus mondial d’annulation ambitieuse de la dette est requis, en stoppant des décennies d’austérité promues par le FMI, qui empêchent de recruter davantage d’enseignants (et d’infirmières) à cause de contraintes imposées sur les masses salariales. De plus, l’appel propose d’inverser la baisse de l’aide internationale aux pays les plus démunis et de l’harmoniser pour le renforcement des systèmes d’éducation publique ; il faudrait également veiller à ce que les budgets de l’éducation donnent la priorité à l’inclusion, à l’équité et à la transformation, notamment en s’attaquant aux obstacles qui bloquent les filles et les enfants handicapés, d’accroître la transparence et la responsabilisation pour des dépenses efficaces et efficientes et enfin de travailler dans tous les secteurs pour défendre les services publics et engager les ministères des Finances.

Ce programme de transformation du financement de l’éducation défend l’idée que la crise de la Covid-19 peut représenter un tournant positif, pour accroître l’égalité et l’inclusion.

Claudine Lepage a signé la pétition au nom de l’association Français du monde-adfe qu’elle préside parce que « signer cet appel va dans le sens de notre engagement en faveur de l’éducation pour tous, notamment des filles. L’éducation doit devenir une priorité dans tous les pays. C’est pourquoi nous avons rejoint les nombreuses associations, ONG, confédérations syndicales  qui soutiennent cette initiative d’ActionAid ».

Florence Baillon

www.actionaid.fr

Crédit photo : ActionAid

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