Pierre Ory, conseiller consulaire de Corée du Sud et Taïwan

Mon départ de France, dès 1991, s’est fait dans le cadre du volontariat au service national en coopération, pour lequel j’ai été envoyé au Japon. Il m’a ensuite été donné de vivre aux Etats-Unis, à Taïwan et je suis aujourd’hui installé à Séoul, en Corée du Sud, depuis 25 ans.

Enseignant de formation, j’ai pu exercer des missions variées (instituteur, directeur d’école primaire et chef d’établissement) dans différents types d’écoles avec des problématiques diverses, cristallisées autour du même objectif, celui du service rendu à nos compatriotes en résidence à l’étranger, tout en participant également, à mon modeste niveau, au rayonnement de la francophonie.

Souhaitant me mettre au service de notre communauté après un long cheminement militant, j’ai été élu en 2014 conseiller consulaire sur notre circonscription, qui recouvre la Corée du Sud et Taïwan.

Séoul est une capitale qui a beaucoup changé en un quart de siècle ! Elle est lointaine l’époque où les Français se téléphonaient pour se tenir au courant d’un arrivage de produits étrangers dans tel ou tel commerce, où les bars et autres établissements vendant de l’alcool fermaient avant minuit… Aujourd’hui, la mégalopole coréenne, fort cosmopolite, résolument tournée vers demain, offre à profusion tous les produits imaginables et a un cœur qui bat 24 heures sur 24 à un rythme effréné… Notre présence française y est également en profonde mutation, comme à Taïwan : on est passé d’une communauté d’expatriés traditionnels, pris en charge par leur entreprise, à une communauté beaucoup plus jeune, avec de très nombreux étudiants et couples mixtes, qui travaillent sous contrat local, dans des conditions parfois très modestes.

J’ai cofondé en 1995 la section Français du monde-adfe en Corée, avec Benjamin Joinau et Annick Flamant notamment. Différents projets ont vu le jour dans ce compagnonnage associatif au service de la communauté. Le marché de Noël solidaire, par exemple, co-organisé depuis quelques années avec une autre association car l’événement a pris une ampleur considérable, nous permet de réunir des fonds pour asseoir nos actions solidaires au bénéfice des plus démunis, tout en faisant vivre à Séoul, l’espace d’une journée, l’ambiance unique de nos marchés de Noël… Citons également une opération plus ancienne, réalisée en partenariat avec Médecins sans frontières, qui nous a permis de vendre les œuvres offertes par des artistes au profit des réfugiés nord-coréens en Corée du Sud. Mais le travail de notre section locale passe avant tout par des actions beaucoup plus modestes et néanmoins particulièrement nécessaires, comme l’assistance aux nouveaux compatriotes expatriés en Corée, l’aide aux familles pour remplir leur dossier de demande de bourses scolaires, la recherche de stages… Enfin, pour répondre à un réel besoin du terrain, nous avons monté avec Français du monde le Groupe d’Accompagnement des prisonniers Corée du Sud – Taïwan. L’idée étant d’offrir une assistance, en amont, lors des procès, pendant la période d’incarcération, par des visites régulières et un contact avec les familles et, si nécessaire, une aide lors de la libération pour retrouver un lieu d’hébergement en France et un emploi… Cindy Dubruel, conseillère consulaire et Christophe, son mari, sont en charge de l’action sur Taïwan.

Par ailleurs, en raison de situations de détresse matérielle constatées à Séoul, nous avons cofondé, avec deux compatriotes, le Fonds d’entraide Sociale Corée, qui propose des prêts sans intérêt au bénéfice de Français faisant face à des coups du sort, comme la vie en réserve malheureusement parfois…

Enfin, je me suis engagé depuis deux ans au Comité de gestion de la mutuelle MGEN, section extra-métropolitaine, pour répondre, à mon niveau, à une préoccupation forte de nos compatriotes, en Corée, comme ailleurs : celle de la couverture santé et de la prévoyance.

Le mandat de conseiller consulaire est exigeant car il s’agit de répondre au mieux, avec nos moyens et nos compétences, aux besoins de la communauté.

C’est avant tout un travail d’écoute et d’analyse du terrain, pour repérer les besoins et y répondre en relation étroite avec la chancellerie consulaire, que je tiens à saluer pour son grand professionnalisme. C’est aussi un rôle de « facilitateur » mettant en relation les compatriotes, comme, par exemple, lors de recherche d’emploi. L’exercice du mandat permet de rencontrer toute la mosaïque qui compose notre présence une et multiple : des entrepreneurs aux étudiants, en passant par les missionnaires, les parlementaires de passage, les personnes en maison de retraite ou les prisonniers. Autant de rencontres particulièrement riches en enseignements pour nourrir notre réflexion mais aussi extraordinaires sur un plan humain…

Le conseiller consulaire est également présent pour soutenir les Français dans leurs démarches et faire remonter les dossiers qui peuvent poser problème. En ce sens, Français du monde, qui siège à différentes commissions au Ministère de l’Europe et des affaires étrangères, ainsi que nos parlementaires, sont d’une aide fort précieuse. En effet, sans ce soutien, le conseiller consulaire serait bien isolé et son action serait évidemment moins performante.

Être élu au service des Français requiert une grande disponibilité pour siéger aux différentes commissions statutaires mais aussi pour répondre aux demandes individuelles, qui sont la part la plus importante de la mission, celle qui n’est pas visible car discrète mais pouvant être chronophage… Actuellement, la crise sanitaire autour du coronavirus occupe par exemple beaucoup les élus, particulièrement en Asie. Une des difficultés, en tant qu’élu sur ma circonscription est qu’elle couvre deux pays non mitoyens. Cela implique des déplacements pour siéger et rencontrer les Français. J’ai été fort heureusement aidé en ce sens par ma colistière et de nombreux relais sur place avec qui j’ai pu coordonner mon action.

Enfin, une profonde connaissance du pays d’accueil, de ses problématiques, du fonctionnement de son administration sont bien évidemment autant d’atouts pour que le conseiller consulaire puisse se mettre efficacement au service de la communauté.

 

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