Catherine Blanche, citoyenne du monde

Née à Paris il y a 38 ans, j’ai grandi dans le nord de la capitale avant de m’installer dans le 12e arrondissement. Peu après avoir obtenu mon diplôme d’éducatrice de jeunes enfants, j’ai intégré un service de soins de suite et réadaptation pour enfants dans un hôpital du Val-de-Marne. Déjà très attachée au service public, probablement un héritage familial, j’ai vite compris qu’il allait falloir défendre un secteur hospitalier en voie d’être démantelé au nom de la rentabilité. Pour moi, une seule solution existait : se syndiquer. C’est ainsi que je suis rentrée chez SUD Santé Sociaux et que, rapidement, je suis devenue représentante syndicale. Je me souviens avoir reçu les collègues dans notre petit bureau et écouter leurs demandes ; il m’a alors fallu étudier les textes de loi pour défendre toutes ces situations auprès de la direction ou lors des différentes commissions. J’avais tout juste 26 ans, j’avais soif d’égalité et de justice.

Je me plaisais dans mon travail, j’avais une vie sociale bien remplie, mais autre chose m’animait en parallèle : découvrir le monde. Classique, vous me direz ! Passionnée par les enjeux liés à l’éducation, c’est sous cet angle que j’ai effectué mes premières missions à l’étranger. Comme je travaillais à l’hôpital, je n’avais pas d’autre choix que de partir sur mes congés, et j’adorais ça ! De 2007 à 2009, j’ai donc passé toutes mes vacances à encadrer des formations pour professionnel.le.s de la petite enfance dans une petite école d’une banlieue défavorisée de Dakar, au Sénégal. Vous savez, ces projets typiques menées par des petites associations de solidarité internationale. Comme si mon énergie était à revendre, tout comme mon désir de toujours mieux comprendre notre monde, j’ai passé en parallèle une licence de sociologie. De fil en aiguilles, j’ai connu une autre association menant le même genre de projets dans le nord de l’Inde, à Lucknow, allez hop, une nouvelle destination.

J’étais enchantée avec tous ces projets, je commençais aussi à avoir envie de partir un peu plus loin, un peu plus longtemps… Mais pour cela, il fallait que je me professionnalise. Grâce à un congé de formation professionnelle, j’ai pu passer un Master 2 en développement local, et j’ai été tout de suite embauchée chez Asmae – Association Soeur Emmanuelle comme spécialiste des questions de petite enfance. Nous sommes en 2011 et me voilà repartie sur les routes entre le Burkina Faso, l’Egypte, Madagascar et la banlieue parisienne. Mes ami.e.s m’appelaient « la nomade » , mais en réalité, j’avais ce côté sédentaire d’aimer retrouver mon petit studio parisien, mon bar de quartier et ma petite vie locale.

En travaillant dans ces différents pays étrangers durant toutes ces années, j’étais frappée par les effets du réchauffement climatique, de la pollution, et par toutes les inégalités économiques et sociales qui y étaient liées. Je comprenais le désastre écologique auquel nous devions faire face. Et c’est dans mon arrondissement parisien que je me suis investie en intégrant le groupe local d’Europe Écologie – Les Verts. J’y ai découvert des militant.e.s ouvert.e.s au débat, cherchant sans cesse à aller à la rencontre des habitant.e.s pour échanger autour de la biodiversité, du logement, des ondes électromagné- tiques, des transports, de la démocratie locale, etc. Je retrouvais ce qui me motivait depuis des années : comprendre les problématiques locales et accompagner les actrices et acteurs de terrain. Secrétaire du groupe local, j’ai finalement accepté de mener la campagne du candidat écologiste à la mairie de Paris, pour le 12ème arrondissement. Mais un autre défi m’attendait : avec mon époux chilien, nous avions décidé de partir nous installer à près de 12 000 km de là, de l’autre côté de la cordillère des Andes, à Santiago du Chili !

Nous sommes arrivés ici début 2014, à la fin de l’été, avec quelques valises et économies. Nous n’avions pas de travail. Mon niveau d’espagnol était passable. Je voulais prendre le temps de découvrir ce nouvel environnement, de comprendre cette autre culture. J’allais finalement pouvoir prendre de vraies vacances ! Rapidement, mes premiers projets professionnels sont tombés à l’eau et j’ai compris que ce nouveau chemin ne serait pas simple. Mais j’avais un appui : dès mon arrivée, j’avais pris contact avec l’association locale des Français.e.s de gauche, et c’est ainsi que j’ai connu Français du monde-adfe. La rencontre avec les membres de cette association et la participation à ses activités ont été d’une extrême importance : non seulement je m’y suis fait des ami.e.s, mais cela a été un soutien dans un moment où je n’avais plus vraiment de repères. Un accompagnement sur le chemin de l’insertion tout en maintenant sa propre culture, mais aussi le souci d’une unité autour des valeurs de gauche et de l’écologie. Composé de Français.e.s et de Franco-chilien.ne.s, ce groupe m’a aidée à mieux comprendre l’histoire du Chili à travers le lien particulier avec la France, je pense à la période de la dictature et de l’exil évidemment. Actuellement, le Chili vit une période de fortes tensions. La crise sociale qui a éclaté mi-octobre 2019 a mis en lumière les inégalités effrayantes que subissent de nombreu.ses.x Chilien.ne.s mais aussi des Français.e.s. Certain.e.s de nos compatriotes sont d’ailleurs présent.e.s dans les manifestations pour réclamer une éducation et une santé gratuites et de qualité, des salaires plus justes, des pensions de retraite dignes, une vraie protection de l’environnement, etc.

Aujourd’hui, six ans après mon arrivée au pied des Andes, en poste comme bibliothécaire au Lycée français de Santiago et maman d’un petit Francochilien, je me sens entièrement intégrée dans la société chilienne, comme dans la communauté française au Chili. J’ai donc franchi le pas et accepté de conduire la liste avec Français du Monde pour les élections consulaires qui se dérouleront en mai 2020. Pour moi, cela signifie pouvoir être à l’écoute attentive de la communauté française, être à son service, et mettre la justice sociale, l’écologie, la solidarité et la fraternité au cœur de nos engagements. C’est ensemble que nous pourrons défendre toutes ces valeurs et mener à bien les projets qui nous tiennent à cœur !

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