Plan de développement de l’enseignement français à l’étranger

Nous aurions aimé pouvoir approuver le  plan de développement de l’enseignement français à l’étranger présenté par Messieurs Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale et de la Jeunesse et Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, le 3 octobre 2019 au Quai d’Orsay.

Ce plan vise à :

  • Renforcer l’attractivité de l’offre pédagogique et éducative,
  • Développer le réseau actuel et accompagner la création de nouvelles écoles,
  • Mieux associer les familles à la vie des établissements,
  • Mieux accompagner le réseau au service de notre diplomatie.

Malheureusement, la conférence de presse n’a pas levé toutes nos réserves et inquiétudes.

Les 25 M€ ajoutés au budget de l’AEFE ne compenseront pas les 33 M€ qui lui ont été supprimés en 2017 et qui, ajoutés à la baisse régulière de la subvention de l’État et à un alourdissement de ses charges dû aux coûts des pensions civiles l’avaient contraint à mettre en place la suppression sur trois ans de 520 postes de résidents.

En 2020 il y aura encore plus de 100 postes supprimés.

L’engagement du ministère de l’éducation nationale de détacher 1000 enseignants d’ici 2030 ne profitera pas à l’AEFE en raison du plafond d’emplois qui lui interdit de recruter plus de titulaires. Ces titulaires détachés seront recrutés localement par les établissements partenaires et nous ne savons rien des conditions matérielles de ces embauches.

Nous aurions souhaité que soient prévus dans les critères d’homologation et/ou de partenariat des règles de bonne gouvernance. Nous craignons également que la suppression de l’obligation de présence d’au moins un/e enseignant/e titulaire dans un établissement en cours d’homologation, dans le cadre de l’assouplissement des critères pour l’obtenir, ne pèse sur la qualité de l’enseignement.

Le doublement du nombre d’élèves aura un impact sur le nombre de demandeurs de bourses, même si tous les nouveaux entrants ne sont pas français, or rien n’est dit sur les règles d’évolution du budget des bourses.

Alors que les besoins en investissements immobiliers (mise aux normes, agrandissement, construction) sont d’environ 130M€, l’AEFE ne retrouve pas la capacité d’emprunt qui lui a été supprimée en 2011 et l’on ne sait rien du sort de l’ANEFE dont l’activité a été gelée par le ministère des finances alors qu’en mutualisant les risques elle permettait aux établissements conventionnés d’obtenir la garantie de l’Etat pour leurs emprunts immobiliers.

En bref nous aurions souhaité la consolidation du réseau existant en amont du plan de développement.

Pour ne pas être accusés d’être des « esprits chagrins », saluons :

  • la plus grande place faite aux parents d’élèves tant au CA de l’AEFE que dans les conseils d’établissement,
  • la création d’un conseil d’orientation qui, en amont du conseil d’administration de l’AEFE permettra de mieux associer les parents et les élus aux décisions du CA,
  • le développement de la formation initiale et continue des personnels grâce aux 16 Instituts Régionaux de Formation qui remplacent les 16 établissements mutualisateurs existants,
  • la renaissance d’un comité interministériel de pilotage MEAE-MENJ qui reprendra chaque année ses réunions, supprimées depuis 2017, et pourra s’ouvrir aux acteurs de l’enseignement français à l’étranger.

les efforts de valorisation de l’enseignement français à l’étranger qui renforceront la compétitivité des établissements et serviront aux élèves issus de cet enseignement.

Lors de la séance publique de l’AFE qui se tenait le lendemain de la conférence de presse, la présidente de la commission enseignement a relayé nos réserves auprès de Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères.

 

Lien vers le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères

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