Après le tsunami au Sri Lanka : naissance d’un village

Tous ceux qui s’intéressent aux questions de développement et de solidarité internationale doivent avoir lu le livre « naissance d’un village » de notre ami Philippe Fabry. Philippe, on le sait, est conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger et résidant à Colombo. Il s’y trouvait au moment du Tsunami du 26 décembre 2004, et c’est ainsi qu’il a d’abord participé, avec l’équipe de l’ambassade, à l’organisation des premiers secours. Puis, très rapidement, sur la base au départ d’un simple coup de fil venu de France, il s’est trouvé assumer la responsabilité de la reconstruction d’un village sur la côte sud du pays, opération pour laquelle il a créé dès le 10 janvier 2005 une organisation, « Sri Lanka Solidarity ». Ce projet l’a occupé à peu près jour et nuit pendant six ans. Pas de grandes théories dans cet ouvrage, mais la description minutieuse de ces années ponctuées d’émotions, de déceptions, de difficultés en tous genre, à l’issue desquelles le village d’Istouti est né, avec 236 maisons pouvant abriter au total 264 familles, et avec ses boutiques, son marché couvert, son terrain de sport, sa maternelle, son centre culturel et communautaire.

Pendant six ans, donc, Philippe a bataillé avec, et parfois contre, l’administration sri-lankaise, les fonctionnaires et les bailleurs de fonds français, les entrepreneurs, les bénéficiaires potentiels du projet, et parfois les medias, pour imposer la création d’un vrai village, construit pour durer et favoriser l’épanouissement d’une vie communautaire. Et à la fin, le résultat est là, Philippe le décrit sans complaisance, en soulignant la distance entre la réalité et ses rêves initiaux, mais avec la fierté de l’exceptionnel travail accompli.

« Naissance d’un village, un projet de reconstruction post-tsunami à Sri Lanka »,Philippe Fabry, 338 pages, Gingko éditeur 2013, prix 20 euros, www.gingko-editeur.fr

François Nicoullaud

Urgence et reconstruction

« Pour l’opinion française, l’urgence reste le moyen privilégié d’apporter de l’aide. Il est vrai que le concept est simple et son mode opératoire, souvent proche d’une « opération coup de poing », facilement médiatisé. Il en va tout autrement pour les opérations de reconstruction et de développement. Là, il faut impérativement comprendre les cultures des communautés auprès desquelles on souhaite intervenir, respecter les us et coutumes, travailler en partenariat avec les organisations communautaires et les autorités locales, s’installer sur place et s’investir dans la durée. Pas question de délivrer de l’aide et de s’éclipser. » (p.63)

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