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Edito du numéro 179 – Automne 2014

fdm_179_couvL’engagement associatif, vecteur de progrès 

Pourquoi des centaines de Français consacrent- ils tant de temps à faire vivre notre association ?

Pourquoi, comme des millions d’autres, le font-ils, dans le monde entier, pour animer ce tissu associatif multiforme qui irrigue les sociétés : loisirs partagés, convivialité, entraide, secours ; associations qui participent toutes, sous des formes variées, à donner sens à notre passage dans le monde, à inventer notre sagesse.

C’est d’ailleurs la sagesse antique qui fournit la première réponse à notre interrogation : le don procure plus de satisfaction intime que l’appropriation. Le don de mon temps, de mes talents me rend plus heureux que la rémunération que je perçois pour leur utilisation professionnelle, indispensable, mais qui frustre trop souvent mes attentes humaines. La seconde raison tient à l’affaiblissement, dans nombre de pays, des partis politiques et des syndicats, des églises, de leur difficulté à mobiliser des adhérents, des militants, des croyants pratiquants. Leur carence est comblée par les associations et les collectifs temporaires. Cela nous amène à une réflexion sur la fonction démocratique des associations et leur rôle dans la vie politique. Aujourd’hui en France, et, nous le constatons, aussi bien dans les pays très riches que très pauvres où nous vivons, ce sont les associations qui, pour l’essentiel, assurent le lien social. C’est comme un filet dont les mailles tiennent les sociétés. Le bel interview que nous a accordé Jean-Claude Guillebaud pour ce numéro nous offre une grille d’analyse des relations de toute association avec le politique. Il éclaire notre relation difficile avec les partis politiques de gauche, nos « cousins de Bretagne». « Dans les années 1980, écrit-il… menacée d’extinction ou de confiscation par le capitalisme du désastre … la flamme de l’espérance démocratique s’est réfugiée d’instinct dans les profondeurs de nos sociétés. »

Et c’est justement depuis 1980 que Français du monde-adfe, association civique ancrée dans les valeurs de gauche, travaille au progrès de ces valeurs à un autre niveau et par d’autres moyens que les partis politiques. C’est difficile à comprendre pour eux parce qu’ils sont dans des enjeux de pouvoir et n’imaginent pas que contrôler une association, chercher à l’instrumentaliser, c’est la priver de sa force d’attraction et, in fine, la détruire. Toutes les associations où je milite entretiennent ainsi avec la politique un rapport ambigu et embarrassant. La gestion des contradictions est au cœur de nos vies individuelles. Pas étonnant qu’elle le soit aussi dans les relations entre les structures de la vie sociale.

Monique Cerisier ben Guiga

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