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Edito du numéro 180 – Hiver 2015

fdm180fdm180-1 Droits des femmes, le combat continue 

Pourquoi consacrer le dossier de ce numéro de Français du monde aux droits des filles et des femmes ?

Parce qu’au-delà de l’évocation nécessaire des 40 ans de la loi Veil, le prix Nobel de la paix attribué à une jeune Pakistanaise en lutte pour le droit des filles à l’éducation et la répétition chaque jour de violences envers femmes et fillettes nous rappellent l’urgence d’agir et de dénoncer sans cesse ces violences. Souvenez-vous par exemple des 200 écolières nigérianes enlevées par Boko Haram, des épouses indiennes vitriolées, des fillettes mariées de force, des violences sexuelles ; en 2013, tous les trois jours, une Française meurt sous les coups de son époux …

Il y a 40 ans Simone Veil faisait adopter la loi pour le droit à l’avortement, malgré l’opposition des tenants d’une morale étriquée, machiste et passéiste : un progrès immense pour les femmes car il n’y avait alors que des solutions barbares et dangereuses à leur disposition.

Où en est-on aujourd’hui en France ? Dans sa vie, une femme sur trois a encore recours à l’avortement, et s’il existe des freins et des résistances ici et là, on voit aussi des évolutions positives. Mais ailleurs, ce droit n’est pas totalement établi ou recule : Espagne, Pologne, Irlande pour ne parler que des pays européens.

Le prix Nobel de la paix attribué à Malala Yousafzai, rescapée d’un attentat lié à son combat pour le droit à l’éducation, est un signal important lancé au monde. Comme l’avait bien compris Malala, le respect des droits des filles, puis des femmes, passe par l’éducation. Sans éducation, pas d’accès aux savoirs, pas de prise de conscience, de possibilité de défendre ses droits, pas de progrès ni d’égalité…

Mais pour les filles, doublement discriminées comme fille et mineure, c’est leur droit à la vie, à l’éducation, à la santé et à la protection qu’il faut faire respecter quand mariages précoces ou forcés, abus sexuels, ou enrôlement forcé créent les conditions de leur exploitation en tant que femmes.

Pour le droit des femmes, le combat n’est jamais fini : il suffit de lire les statistiques françaises sur la pauvreté, l’exclusion, les retraités pauvres, la violence ou le harcèlement … pour s’en rendre compte.

Alors que reviennent à la mode des idées misogynes sur le rôle de la femme, la nouvelle loi pour l’égalité hommes-femmes est une bonne chose et il faudra en mesurer les effets.

En attendant, restons vigilant(e)s car comme disait Simone de Beauvoir : « N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question ».

Quarante ans plus tard, ses paroles font écho.

Marie-Pascale Avignon-Vernet

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