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Quelles langues parlez-vous ?

L’apprentissage des langues a bien évolué au cours des années. Sans remonter à l’époque où les familles aristocratiques engageaient une Mademoiselle, une Fräulein ou une Miss pour enseigner leur langue aux enfants de la famille ou plus tard lorsque les jeunes filles de bonne famille étaient envoyées dans un pensionnat en Suisse pour apprendre le français, les motivations pour apprendre une langue ont bien changé. De mon expérience de professeur de langue en Allemagne, les adultes qui apprenaient le français dans les années 80 le faisaient pour des raisons culturelles ou parfois touristiques. Un public à chaque fois bien différent ! Alors que les premiers, les premières devrais-je dire, car le public dans les écoles de langues, dans les Instituts français était alors plutôt féminin, faisaient preuve d’une curiosité insatiable et d’une soif de culture inextinguible, les seconds ne souhaitaient apprendre que le minimum pour survivre dans un contexte de vacances. Aujourd’hui en Allemagne et ailleurs, le public apprend une langue, le français, ou une autre, pour des raisons essentiellement professionnelles. Les cours de français sur objectifs se sont développés, de même que les certifications. Je n’insisterai pas ici sur les méthodes d’enseignement ni sur l’importance du numérique.

Si nous souhaitons développer la francophonie, il faut donner envie d’apprendre le français et surtout démontrer que le français est une langue utile, indispensable pour donner un élan à sa carrière. Un déplacement en Bosnie-Herzégovine dans le cadre de la section Europe de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie a été très révélateur de ce point de vue. La Bosnie-Herzégovine a certes fait le choix d’adhérer à l’OIF mais la langue française n’arrive qu’après l’anglais, l’allemand, le turc et de plus en plus le chinois. La Bosnie est peu tournée vers la France et l’enjeu est de convaincre les Bosniens de l’intérêt qu’il y a pour eux et leurs enfants d’apprendre le français. Un exemple parmi d’autres.

Les pays traditionnellement francophones le sont de moins en moins contrairement aux idées reçues. Le potentiel est bien là mais aujourd’hui le français se trouve face à une concurrence féroce d’autres langues, c’est-à-dire d’autres espaces économiques. Les enseignants sont démunis, ils ne sont plus suffisamment bien formés pour relever le défi et les moyens manquent. Les rapports de toutes sortes en défense de la francophonie se sont multipliés au cours des dernières années, fourmillant de bonnes idées mais la plupart de ces idées sont restées lettre morte.

Le président de la République a fait de la Francophonie une des priorités de son quinquennat. Le ministère des Affaires étrangères, l’Education nationale, le ministère de la Culture se sont mis au travail pour trouver de nouvelles pistes d’action. Espérons que les moyens suivront… mais lorsqu’on voit la privatisation rampante de l’enseignement français à l’étranger, on ne peut être que dubitatif sur la suite qui sera donnée à cette priorité. Pourtant, à l’échelon européen, le Brexit pourrait être une opportunité pour redonner une plus grande place à la langue française au sein de l’Union européenne.

Claudine Lepage

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