Archives 2008 : Aide au développement

28 janvier 2008 – Taxe de solidarité sur les billets d’avion : des recettes plus faibles que prévues

La taxe de solidarité sur les billets d’avion, destinée à aider les pays en développement et instaurée, à l’initiative de Jacques Chirac, par la loi de finances pour 2005, rapporte moins de recettes que prévu initialement. Appliquée depuis le 1er juillet 2006, cette taxe est due par les entreprises de transport aérien public, quels que soient leur nationalité ou leur statut juridique, pour chaque passager embarqué au départ de France sur un vol commercial (régulier ou non régulier). Son montant s’élève de 1 à 40€ suivant la classe et la destination du vol. Le produit de cette majoration, perçue au profit du Fonds de solidarité pour le développement géré par l’Agence française de développement (AFD) a pour objet de contribuer au financement des pays en développement, et en particulier au financement d’actions de santé publique.
Le rapport budgétaire pour 2008 sur le contrôle et l’exploitation aérienne énonce que, cette majoration de la taxe d’aviation civile, entré en vigueur à la mi-2006, devrait rapporter, 160 millions d’euros, alors que les prévisions initiales étaient de 205 millions d’euros. Son auteur, le député de Courson, « s’étonne de l’écart entre les prévisions de recettes et les sommes effectivement perçues, écart qui n’est probablement pas sans lien avec le caractère déclaratif de la taxe, susceptible de favoriser la fraude ».
La Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC), auteur des prévisions, explique en revanche ce différentiel par une mauvaise estimation de départ: « l’importance des classes affaires a été surévaluée et celle des vols monoclasse, organisés par des compagnies charters ou « low-cost », sous-évaluée ».
Peu d’États ont rallié l’initiative de la France. La contribution est pour l’instant en vigueur au Chili, où elle ne s’applique qu’aux vols internationaux et au Gabon, où elle ne s’applique qu’aux vols en classe affaire. La Norvège a décidé d’affecter à l’aide au développement une partie de la taxe sur le kérosène, écartant pour l’instant l’idée d’une contribution de solidarité sur les billets d’avion. En février 2007, le Royaume-Uni a doublé l’ »Air passenger duty », faisant passer cette taxe passager à 5 livres, mais il ne l’affecte pas à l’aide au développement.

Pour accéder au rapport budgétaire cliquer ici.
Plus d’informations sur la taxe de solidarité sur les billets d’avion en cliquant ici.

18 janvier 2008 – Aide au développement : les voeux de J.M. Bockel

Jean-Marie Bockel, Secrétaire d’Etat chargé de la coopération et de la francophonie, s’est exprimé récemment dans la presse en annonçant notamment la mort prochaine de la « Françafrique ». A l’occasion des voeux de début d’année, il vient également de présenter à son administration son analyse de la situation et des attentes de l’Afrique, des erreurs et des faiblesses de notre dispositif d’aide, enfin la mise en place d’une série de réformes. Le voilà donc au pied du mur. Pour permettre à chacun de se faire une opinion, voici de larges extraits de son intervention.

VOEUX DU SECRETAIRE D’ETAT CHARGE DE LA COOPERATION ET DE LA FRANCOPHONIE,
M. JEAN-MARIE BOCKEL

15 janvier 2008

…L’efficacité de l’aide au développement, la nôtre comme celle des autres donateurs, est loin d’être optimale. Inutile de le nier : les résultats de plusieurs décennies d’aide au développement de l’Afrique sont décevants. Je refuse le double langage, je refuse l’optimisme de principe, le volontarisme de façade, qui est un fatalisme déguisé.
On ne peut pas continuer à tenir des discours angéliques : ils sont toujours en contradiction avec ce qui se passe sur le terrain. Je l’ai vu lors de mes voyages, chacun de nous l’a vu en Afrique. Il ne s’agit pas de réécrire l’histoire : la coopération française a réalisé de belles choses en Afrique. Nous pouvons être fiers des milliers d’écoles que nous avons soutenues, des centres de santé et des hôpitaux que nous avons construits. Mais il nous faut reconnaître que l’investissement consenti n’a pas suffi.
Il faut s’interroger sur ce qui n’a pas marché, pour comprendre comment redonner à l’aide au développement sa raison d’être, pour que notre générosité soit efficace. On connaît une partie de la réponse. L’un des premiers freins au développement, c’est la mauvaise gouvernance, le gaspillage des fonds publics, l’incurie de structures administratives défaillantes, la prédation de certains dirigeants. Tout le monde le sait, bien peu le disent.
Avec 100 milliards de dollars par an à l’échelle mondiale, l’aide au développement doit être efficace. Ce n’est possible que si le pays qui la reçoit sait en faire bon usage, comme il doit faire bon usage de ses autres ressources. L’aide au développement est une ressource parmi d’autres : si l’on gaspille ses propres ressources, on gaspillera aussi l’aide au développement. Les exemples, hélas, ne manquent pas.
Quand le baril est à plus de 100 dollars, et que d’importants pays producteurs de pétrole ne parviennent pas à se développer, la gouvernance est en question. Quand les indicateurs sociaux de ces pays stagnent ou régressent tandis qu’une minorité mène un train de vie luxueux, la gouvernance est en question. Que deviennent ces revenus pétroliers ? Pourquoi la population n’en bénéficie-t-elle pas ? Est-il légitime que notre aide au développement soit attribuée à des pays qui gaspillent leurs propres ressources ?
En tant que responsable politique, je suis comptable de la bonne utilisation des deniers du contribuable. J’ai le droit, j’ai même le devoir de poser ces questions. Ce n’est pas de l’ingérence : c’est être fidèle au principe de solidarité qui guide notre action.
Qu’on ne s’y méprenne pas : je ne me pose pas en donneur de leçon afin de juger l’action de tel ou tel dirigeant africain. C’est aux Africains eux-mêmes de juger l’action de leurs dirigeants. Mon propos n’est pas d’adopter une posture moralisatrice, c’est une exigence d’efficience. D’abord parce qu’il s’agit des deniers de l’Etat, que je veux dépenser à bon escient. Mais aussi, parce que c’est de notre intérêt à nous, Français, Européens, de voir l’Afrique se développer.

Pour pouvoir demander à l’Afrique une meilleure gouvernance, nous devons être nous-mêmes irréprochables. Ce n’est pas le cas. Je veux balayer devant notre porte, assainir la relation entre la France et l’Afrique. Je veux que cessent les interférences de ceux que le président Sarkozy a qualifié, à Cotonou, « d’émissaires officieux qui n’ont d’autre mandat que celui qu’ils s’inventent ». C’est une nécessité pour pouvoir tenir un discours exigeant aux Africains.
Aujourd’hui, devant vous, je veux signer l’acte de décès de la « Françafrique ». Je veux tourner la page de pratiques d’un autre temps, d’un mode de relations ambigu et complaisant, dont certains, ici comme là-bas, tirent avantage, au détriment de l’intérêt général et du développement.
Je compte sur le soutien du président de la République pour tenir les engagements qu’il a lui-même pris, malgré les sollicitations contraires de ceux qui s’inquiètent de la fin de ces pratiques lucratives.

en Afrique aussi, sans doute plus qu’en France, l’attente d’une rupture dans la relation franco-africaine est forte. Le continent a changé. Notre politique aussi, mais sans doute pas assez vite. La vraie rupture avec la « Françafrique » est là. Dans notre capacité à tenir sur les principes, à écouter les peuples, leur jeunesse, à entendre leurs aspirations profondes.

Le destin de l’Europe et celui de l’Afrique, continents voisins, sont fortement liés. La géographie, l’histoire, la langue aussi nous rapprochent. L’avenir de la Francophonie se jouera en grande partie en Afrique. Notre avenir est nécessairement commun, qu’on le veuille ou non. Pour ma part, je m’en réjoui, car je crois en l’Afrique. Je sais le dynamisme du continent, sa vitalité, son potentiel de croissance. Je veux dire ma conviction que l’Afrique est le continent de demain.
Il faudrait que les élites africaines elles-mêmes partagent davantage cette conviction et montrent l’exemple. Quand je vois que 40 milliards d’euros quittent chaque année le continent pour aller s’investir ailleurs, je me dis que certains Africains ont bien peu confiance dans leurs propres capacités à développer leur pays. Ils ont tort, l’Afrique offre de grandes opportunités. Je le sais, nos chefs d’entreprises me le confirment.

Afin de progresser sur la voie des réformes, je vais soumettre au président de la République plusieurs propositions concrètes. Je souhaite en partager quelques-unes avec vous.
Nous devons tout d’abord « sanctuariser » notre effort d’aide publique au développement. Il en va de la parole donnée par la France au plus haut niveau. Il a en va de notre crédibilité sur la scène internationale. Mais nous ne pourrons le faire qu’à la condition de prendre des engagements budgétaires à caractère pluriannuel. C’est là une décision qu’il appartient au président de prendre.
Je souhaite également que la coopération française puisse être évaluée par les pays bénéficiaires eux-mêmes. Les autorités du pays, bien sûr, mais pas seulement. Le regard que portent la société civile de ces pays, les élites, la jeunesse, nous aidera, comme l’a souhaité le président de la République, à rapprocher notre aide des bénéficiaires. Un site dédié à ce dialogue pourrait être ouvert très prochainement.
Nous devons également associer plus étroitement le Parlement à la définition des choix, des priorités, des secteurs de concentration de notre aide. Je vais proposer au Président, en annexe du projet de Loi de finances, un état précis des progrès réalisés par les dix pays les plus aidés par la France en matière de gouvernance au sens large (démocratie, Droits de l’Homme, lutte contre la corruption, environnement des affaires).
L’aide française, ça n’est pas que l’Etat. Les Français individuellement y contribuent fortement, ainsi que les ONG, les collectivités territoriales, les fondations d’entreprise. C’est l’idée de coalition au service du développement que j’avais formulée lors des journées du réseau en juillet dernier. Pour faire vivre cette coalition, je propose la création d’une structure légère, succédant au Haut Conseil à la Coopération internationale, et qui permettra d’entendre, en amont de la programmation de nos moyens, le point de vue d’acteurs de terrain.

8 janvier 2008 – « Idées pour le Développement », un blog international de réflexion sur les problématiques de développement
« Idées pour le Développement » - http://www.ideas4development.org/fr/ – a été lancé le 21 octobre dernier à l’occasion des assemblées annuelles de la Banque mondiale et du FMI. Rassemblant sept spécialistes du développement, cette plateforme offre aux internautes un lieu de débats et d’échanges inédit sur internet.
Sa rédaction est assurée par plusieurs dirigeants d’organisations internationales: Josette Sheeran, Directrice générale du Programme alimentaire mondial, Kemal Dervis, Administrateur du Programme des Nations unies pour le développement, Abdou Diouf, Secrétaire général de la Francophonie, Donald Kaberuka, Président de la Banque africaine de développement, Pascal Lamy, Directeur général de l’Organisation mondiale du commerce, Supachai Panitchpakdi, Secrétaire général de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, et Jean-Michel Severino, Directeur général de l’Agence française de développement.

Afin de garantir un débat contrasté et pluraliste, d’autres spécialistes du développement sont également invités à participer  au blog dans le cadre de partenariats avec des organisations non gouvernementales (Care, Oxfam, WWF…) et des universités (LSE, Columbia, Sciences-po…). Plateforme d’échanges novatrice dans sa forme comme dans son contenu, Idées pour le Développement propose de nombreuses fonctionnalités telles que la vidéo, le flux RSS et l’abonnement par courriel. Accessible en trois langues – anglais, français et espagnol – il permet de croiser les regards des contributeurs du monde entier.

Si les questions de développement font aujourd’hui l’objet d’un intérêt croissant sur internet, les blogs qui leur sont consacrés restent le fait d’anonymes ou d’institutions. Idées pour le Développement permet aux personnalités impliquées de débattre autour de leurs convictions personnelles et de dialoguer directement avec les internautes.

http://www.ideas4development.org/fr/

2 janvier 2008 – Développement humain : le monde dans le miroir des chiffres du PNUD
Pour mettre nos idées en place en ce début d’année, voici quelques extraits des statistiques du rapport sur le développement humain que publie chaque année le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Leur intérêt est de présenter des classements pays par pays allant au-delà du critère purement quantitatif des niveaux de vie, pour cerner une autre réalité, celle de la qualité de vie et de l’épanouissement collectif et personnel.

Indice de développement humain
Le premier tableau offre donc un classements de 177 pays selon l’indice de développement humain, qui combine trois indicateurs : espérance de vie, éducation et PIB par habitant.
Dans ce tableau, Islande, Norvège et Australie occupent le podium, la France est 10ème, les Etats-Unis 12ème, l’Allemagne, plombée par l’ancienne Allemagne de l’est, est 22ème, derrière l’Italie et juste devant Israël et la Grèce.
Sans grande surprise, les derniers Européens sont la Roumanie (60ème rang), le Belarus (64), la Bosnie-Herzégovine (66), la Russie (67), l’Albanie (68), la Macédoine (69) et la Turquie (84).
Les dernières places sont occupées par l’Afrique, notamment l’Afrique de l’Ouest : Tchad, République centrafricaine, Mozambique, Mali, Niger, Guinée-Bissau, Burkina Faso, Sierra Leone.

Plus intéressant encore est le différentiel entre classements par indice de développement humain et par PIB par habitant. En effet, plus ce différentiel est positif, mieux le pays a su tirer parti de ses ressources économiques pour l’éducation et la santé de sa population. S’il est au contraire négatif, c’est un signe d’affectation défectueuse de la ressource.

A ce palmarès, l’Australie affiche +13, le Japon +9, la France +8, l’Espagne +11, l’Allemagne et la Belgique -2, le Royaume-Uni -5, les Etats-Unis -10.

Parmi les différentiels positifs les plus spectaculaires, l’on trouve Cuba (+43), hommage à son niveau sanitaire et d’éducation, et un certain nombre de pays de l’ancien bloc soviétique, tirés eux aussi vers le haut par le niveau très élevé de scolarisation hérité de l’ancien temps : Tadjikistan (+32), Kirgizistan (+29), Ouzbékistan et Moldova (+25)…

Les différentiels négatifs les plus spectaculaires se trouvent en Afrique du Sud (-65), signe d’une société encore profondément duale, et aussi dans beaucoup, sans doute trop, de pays qui nous sont proches : Gabon (-35), Tunisie (-23, à égalité avec l’Iran), Algérie (-22), Maroc (-8), Guinée (-30), Tchad, Côte-d’Ivoire, Burkina-Fasso (-17).

Indice de pauvreté humaine
Il intègre des facteurs tels que l’analphabétisme, la probabilité de mourir avant 40 ans, le non-accès à de l’eau de qualité, l’insuffisance pondérale des enfants, la position en dessous du seuil de pauvreté monétaire, ceci dans les pays les plus pauvres. Dans les pays développés il intègre la probabilité de mourir avant 60 ans, l’analphabétisme fonctionnel, le pourcentage de personnes vivant en-dessous du seuil de pauvreté monétaire, le chômage de longue durée. Cet indice met donc en valeur les exclusions de populations à l’intérieur d’un même pays.

Dans le classement par ordre inversé de pauvreté humaine, Suède, Norvège et Pays-Bas arrivent en tête, l’Allemagne occupe la 6ème place, la France la 11ème, le Royaume-Uni la 16ème, les Etats-Unis la 17ème, l’Irlande la 18ème, l’Italie la 19ème.

Dans le groupe des pays en développement, le trio de tête (celui, donc, où les exclusions sont les moins fortes) est formé de la Barbade, de l’Uruguay et du Chili. Puis viennent l’Argentine, le Costa-Rica, Cuba, Singapour et Sainte-Lucie. Les Territoires palestiniens occupés se retrouvent à la 9ème place. L’on est heureusement surpris de voir ensuite arriver le Mexique et la Jordanie. La Chine occupe la 29ème place juste devant l’Iran, mais encore assez loin devant nos amis la Tunisie (45ème place), l’Algérie (51ème), et le Maroc (68ème). En queue de peloton, l’on trouve sans surprise la Guinée, le Niger, l’Éthiopie, le Burkina Faso, le Mali et le Tchad.

Taux de fertilité par femme
Le taux le plus faible se trouve à Hong-Kong (0,9 enfant). Les taux inférieurs à 1,5 enfant par femme se trouvent en Belarus, Lettonie, Slovaquie, République tchèque, Slovénie, Corée du Sud ( pour tous ces pays 1,2 enfant), en Espagne, Italie, Allemagne, Grèce, Hongrie, Pologne, Croatie, Roumanie, Bulgarie, Russie, Bosnie-Herzégovine et Arménie (1,3), en Suisse, Autriche, Singapour et Estonie (1,4).

L’on sait que la France se situe à 1,9 enfant par femme. Ce chiffre était de 2,3 dans la période 1970-1975. Les Etats-Unis se situent à 2 enfants par femme, Israël est le seul des vingt-cinq premiers pays « à développement humain élevé », selon la terminologie du PNUD, à dépasser les 2 enfants par femme, et même à frôler les 3 enfants (2,9). Il en était à 3,8 dans la période 1970-1975.

A noter que les taux très élevés (au-dessus de 5 enfants par femme) apparaissent à partir de la 106ème place (sur 177) du classement par l’indice de développement humain, avec les Territoires palestiniens
occupés (5, 6). Ils en étaient à 7,7 dans la période 1970-1975. Les taux supérieurs à 6,5 se trouvent en Ouganda (6,7), en Angola (6,8), au Burundi (6,8), en République démocratique du Congo (6,7), au Mali
(6,7), au Niger (7,4) et en Guinée-Bissau (7,1). Sauf au Burundi et au Congo démocratique, l’on note une légère décrue sur la période 2000-2005 par rapport à la période 1970-1975.

L’on peut aussi relever les taux médians de pays affichant naguère des taux de fécondité élevés : notamment la Chine (1,7 contre 4,9 dans la période 1970-1975), l’Inde (3,2 contre 5,3), le Bangladesh (3,2 contre 6,2), l’Indonésie (2,4 contre 5,3), l’Iran (2,1 contre 6,4), le Mexique (2,4 contre 6,5), le Brésil (2,3 contre 4,7) et, parmi les pays proches de nous, le Maroc (2,5 contre 6,9), la Tunisie (2 contre 6,2), et l’Algérie (2,5 contre 7,4).

Taux de mortalité maternelle à la naissance
La sécheresse des chiffres révèle de tragiques disparités, d’un décès pour 100.000 naissances en Irlande à 2.100 décès en Sierra-Leone, tout juste précédée par le Niger avec 1.800 décès. Entre ces deux extrêmes, la France compte 8 décès, et les Etats-Unis 12. La barre des 20 est franchie par l’Uruguay, celle des 60 pa r le Mexique, celle des 100 par la Tunisie. Le Brésil, la Thaïlande et l’Equateur sont tous deux à 110. La Namibie atteint 210, le Pakistan franchit la barrre des 300, le Gabon celle des 500. Le Sénégal frôle les 1.000, le Nigéria, le Malawi, le Burundi, la République démocratique du Congo, la Guinée-Bissau atteignent les 1.100.

Taux de scolarisation dans le primaire
Les progrès sont très sensibles dans les quinze dernières années. Seuls subsistent aujourd’hui en dessous de la barre des 60% le Soudan, Djibouti, l’Erythrée, la Côte-d’Ivoire, le Mali, le Niger, la Guinée-Bissau, le Burkina Fasso. Mais il est vrai que les statistiques restent muettes pour un nombre non négligeable de pays d’Afrique.

Personnes incarcérées par 100.000 habitants
Le champion du monde est de très loin les Etats-Unis, avec 738 détenus pour 100.000 habitants. Le vice-champion est le Rwanda (691), mais dont on connaît les circonstances particulières, la médaille de bronze revient à la Russie (611). Pas très loin, l’on trouve le Turkménistan (489) et Cuba (487). La France, avec 85 détenus pour 100.000 habitants, forme un petit groupe de fin de peloton avec la Suède (82), la Suisse (83), Malte(86), l’Egypte (87), la Bolivie (83)…

Emissions d’oxyde de carbone
Remercions les pays du bas de tableau en matière de développement humain de leur faible taux d’émission d’oxyde de carbone par habitant : moins d’une tonne par an et habitant pour Samoa (77ème place), le Paraguay (95ème place), la Géorgie (96), le Sri Lanka (99), les Territoires palestiniens occupés (106ème place, 0,2 tonne par habitant…), le Turkménistan (109ème et 0,1 tonne par habitant), le Nicaragua (110ème, 0,7 tonne) et tout à fait en queue de tableau, nos habituels amis d’Afrique.

La France, elle, a émis 6 tonnes par habitant en 2004, plus que la Suède (5,9 tonnes), le Portugal (5,6) et la Suisse (5,4), moins que l’Allemagne, le Royaume-Uni (9,8 tonnes), et Israël (10,4), beaucoup moins que l’Australie (16,2 tonnes), le Canada (20 tonnes) et les Etats-Unis (20,6)… sans oublier le Koweit (37,4 tonnes),) les Emirats Arabes Unis (34,3 tonnes), et surtout le Qatar (79,3 tonnes!).

L’indicateur sexospécifique de développement
Il met en valeur l’écart hommes/femmes en matière d’espérance de vie, d’alphabétisation, de revenus du travail. L’intéressant ici est le différentiel de rang dans ce tableau au regard du classement général en matière de développement humain. Plus le différentiel est positif, moins les femmes sont discriminées, du moins au regard du niveau général de développement du pays, plus il est négatif, plus les femmes sont relativement maltraitées, ou moins favorisées.

Parmi les pays avancés, l’Irlande marque notamment un écart significatif, de -10, pas très loin de celui de la Libye (-9), d’Oman et de l’Arabie Saoudite (-13). Pour le reste, à part Bélize (+21!), les écarts sont plutôt faibles : +3 pour la France, les Pays-Bas et la Finlande, -5 pour le Japon et les Etats-Unis. Ce qui tend à démontrer que la marche vers l’égalité des femmes va à peu près au même rythme que le développement en général.

Sexospécificité en matière de travail et d’allocation du temps
Devinette : dans quels pays les hommes travaillent plus que les femmes, en moyenne annuelle, toutes activités confondues, à la maison comme à l’extérieur? la liste est vite faite : la Suède, la Norvège et les Pays-Bas, plus le Nicaragua et Madagascar, mais seulement en zone rurale. En France, les chiffres sont de respectivement 7,1 et 6,25 heures par jour. Et les seuls pays (en tous les cas les pays recensés) où l’écart journalier dépasse 1h30 entre hommes (pour le bas) et femmes (pour le haut) sont le Portugal et le Bénin…

Participation des femmes à la politique
Dans les pays développés, nous connaissons à peu près leur place. Saluons les pays en voie de développement où elles occupent en 2007 une place significative dans les assemblées nationales : 48,8% au Rwanda, 34,8% au Mozambique, 30,5% au Burundi, 30,4% en Tanzanie, 29,8% en Ouganda, 32,8% en Afrique du Sud, 29% en Guyana, 29,2% au Pérou, 38,6% au Costa-Rica, 35% en Argentine… sans oublier quand même les 31,6% de l’Allemagne, les 34,7% de la Belgique, les 32,2% de l’Autriche, les 36% de l’Espagne…

Le tout à rapporter aux 18% de femmes dans notre Assemblée nationale sortie des urnes en 2007! Nous sommes à peu près dans la même catégorie que l’Italie, le Royaume-Uni et les Etats-Unis, un peu devant Israël (14,2%), l’Irlande (13,3%) et la Grèce (13%), et quand même loin devant le Japon avec ses 9,4%… Côté monde arabo-musulman, ce n’est vraiment pas brillant. Les pourcentages sont plus bas encore, avec une exception pour la Tunisie (22,8%). Le Pakistan affiche aussi un score remarquable pour le monde musulman avec (21,2%), faisant nettement mieux que l’Inde, son voisin (8%), et légèrement mieux que la Chine (20%).