Le magazine « Français du monde »
Numéros précédents à télécharger (format pdf) : FdM 157 - FdM 156 - FdM 155- FdM-154 - FdM-153 – FdM152- FdM151- FdM150 – FdM149 – FdM148 – FdM147 – FdM146 – FdM145 – FdM144
Edito du n° 157, décembre 2009 –
Une politique culturelle extérieure introuvable, ou la réforme inachevée du réseau culturel
2001 : le rapport du député Dauge présente un réseau culturel français à l’étranger en péril car sans crédits et sans vision d’avenir. 2005: le sénateur Duvernois préconise la création d’une agence pour la culture française à l’étranger. 2009 : la commission des affaires étrangères du Sénat appuie la création de l’agence. Juillet 2009 : le projet de loi relatif à l’action culturelle extérieure est adopté en conseil des ministres. En septembre, une consultation des personnels menée à la hâte est boudée par les agents, seuls 5% d’entre eux y ayant répondu. Enfin, le 28 octobre, les grandes lignes de la réforme sont annoncées.
8 ans de réflexion et la montagne accouche d’une souris !
Un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) a été annoncé : l’agence centrale parisienne chargée de la “diplomatie d’influence”.
A l’étranger, l’agence disposera de relais issus de la fusion des centres culturels et des services des ambassades chargés de la coopération et de l’action culturelle (CCC) ce qui est déjà le cas dans un certain nombre de postes. Autonomes financièrement, ces relais resteront dépendants des ambassadeurs. C’est une étape qui devrait être évaluée au bout de 3 ans.
Pour Français du Monde-ADFE, la réforme reste à faire. La nouvelle agence comme les agences existantes (AFD, AEFE) doit disposer de son propre réseau par le rattachement des établissements du réseau culturel français avec transfert de la gestion du personnel.
Il ne faudrait pas séparer la coopération culturelle de la coopération universitaire, scientifique, de recherche et technologique.
Une convention-cadre devrait fixer les modes d’exercice de la tutelle du ministère des Affaires étrangères et européennes tant à Paris au niveau des administrations centrales que sur le terrain dans les postes, en donnant tous les pouvoirs aux ambassadeurs pour assurer la cohérence de l’action de l’Etat.
Il faudrait prévoir des conventions pluriannuelles d’objectifs et de moyens ainsi qu’un pilotage stratégique clairement identifié assorti d’une concertation interministérielle effective.
La gestion des ressources humaines doit relever de l’agence. Celle-ci devrait prendre en charge la formation des personnels, le recrutement, les statuts. Une carte des métiers du réseau culturel permettrait plus de transparence dans la gestion des recrutements.
Enfin, le plus important car conditionnant la réussite d’une véritable réforme, il faut redonner des moyens financiers à un réseau qui subit depuis plusieurs années une baisse de crédits de 10% en 2008 et de 20% en 2009. M. Kouchner est fier d’annoncer une enveloppe de 40 millions d’euros supplémentaires mais cette somme ne suffira pas à compenser la réduction programmée d’un quart des crédits consacrés à l’action culturelle extérieure pour 2009/2011.
Au moment où la diplomatie “intelligente” ou “soft power” est mise en valeur par nos compétiteurs, il ne suffit plus de se livrer à des incantations sur l’exception culturelle française, il faut se donner les moyens nécessaires à une véritable stratégie d’influence à l’étranger.
Mona Muraccioli
|
||||||||||||||||||
