De la Chine aux Etats-Unis : Laure Pallez

Maman de deux jeunes enfants et membre d’une famille franco-américaine cela faisait 10 ans que je vivais en Asie. J’ai élevé mes enfants dans ce pays qui m’est si cher, la Chine, pour en faire ce qu’on appelle en anglais des « TCK » ou des « Third Culture Kids », ces enfants issus de parents de nationalité différente et élevés dans un pays tiers. Trois langues, trois cultures, c’était mon lot quotidien. Par exemple on fêtait les anniversaires avec un plat de nouilles symbole de la longévité en Chine, un peu de cheesecake américain pour le bien-être et une bonne petite bouteille de Bordeaux dont les chinois sont si friands d’ailleurs, pour la « French touch ».

Après 12 ans, cycle caractéristique de l’astrologie chinoise, je suis repartie l’année du coq, précisément 12 ans après mon arrivée en Asie dans le cadre d’un Volontariat International en Entreprise à Hong Kong en 2005. D’un coq de bois à un coq de feu.

Nous voilà désormais à Washington, moi qui suis passionnée des relations sino-américaines je suis maintenant de l’autre côté du Pacifique ou de l’Atlantique, question de point de vue. Washington est une ville que je connais un peu pour y avoir brièvement vécu dans le passé. C’est une ville fascinante fondamentalement différente de Shanghai : verte et calme en apparence. Après la perle de l’Orient effervescente, le contraste est saisissant. J’aimais me promener en vélo en Chine, m’arrêter à la terrasse d’un café, observer des choses insolites comme une grand-mère qui promène sa petite tortue en laisse dans la rue ou encore me fondre dans un cours de Tai Chi. A Washington, je me déplace uniquement en voiture, il m’arrive de croiser des cerfs en pleine ville et de m’en étonner encore, c’est encore très sauvage même si cette ville possède les plus beaux musées du monde (gratuits !) et une architecture qui me rappelle ma chère Europe. Les plans de la ville ont d’ailleurs été élaborés par un architecte français Pierre Charles L’Enfant. L’urbanisme diffère de la plupart des autres villes américaines car la construction de gratte-ciel y est interdite.

Bref, passer d’une capitale économique à une capitale fédérale, des rives du Yangzi à celles du Potomac, du chinois à l’anglais, tout change et demande de l’adaptabilité.

J’essaie de vivre mes expatriations comme une citoyenne du monde intégrée et heureuse dans mon pays d’accueil. C’est bien là ma conception d’une vie à l’étranger et je me retrouve tout à fait dans l’approche Français du monde-adfe qui promeut une intégration des Français dans leur pays d’accueil plutôt que de vivre en villages français à l’étranger.

Mais je pense souvent à la France, je l’idéalise sûrement un peu et j’en suis fière. Observer nos communautés françaises à l’étranger, discuter et découvrir les parcours de ces Français aventuriers et souvent binationaux, tout cela me plaît car c’est un peu le fil rouge de ma vie.  C’est aussi la raison de mon engagement associatif auprès de Français du monde : appartenir à une communauté utile à nos compatriotes partout dans le monde et promouvoir le rayonnement de la France à l’étranger.

Je n’oublie pas la Chine et le chinois : je tiens à maintenir mon niveau et m’efforce de le lire régulièrement, dans la presse chinoise pour avoir un autre prisme sur le monde ou dans les romans de mon ami écrivain Bi Feiyu, auteur célèbre dont je recommande les ouvrages tel que Les trois sœurs ou Les triades de Shanghai.

Pour ma fille qui était scolarisée à l’école chinoise à Shanghai, il existe des écoles publiques américaines qui proposent des programmes d’immersion en chinois (tout comme en français et en espagnol d’ailleurs), c’est vraiment appréciable.

Bien sûr conserver sa langue maternelle est essentiel, des initiatives comme le dispositif FLAM (français langue maternelle), initié mondialement par Français du monde-adfe au début des années 2000, m’ont beaucoup aidée, moi et des centaines de famille, tant à Shanghaï qu’à Washington.

Laure Pallez

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