Jean-Philippe Grange : des montagnes de Grenoble aux grands espaces australiens.

J’ai découvert l’Australie en sillonnant le continent pendant près d’un an, entre 1991 et 1992 et fus particulièrement marqué par cette aventure de routard à une époque où ce pays n’était pas encore une destination à la mode.

Diplômé de science-po Grenoble puis de l’Université Paris I – Sorbonne où j’ai étudié les relations internationales en maitrise puis en DEA, j’ai décidé de quitter la vie trépidante de la capitale et de faire une pause après plus de sept années de militantisme en politique (au Parti Socialiste) et dans le syndicalisme étudiant (à l’UNEF-ID). Je ne pensais pas à l’époque que changer d’horizon pour une année sabbatique et prendre l’air avec ma compagne franco-australienne auraient autant de conséquences sur mon avenir !

Après un retour en France où j’ai travaillé pendant plusieurs années pour les relations institutionnelles d’une start-up de haute technologie de ma ville natale de Grenoble, j’ai pris la décision de passer par une expérience professionnelle à l’étranger. L’Australie était naturellement sur mon radar et nous nous sommes installés avec ma femme et notre première fille âgée de trois ans – pour quelques années pensions-nous – au nord de l’agglomération de Sydney au début de l’année 1998… il y a 20 ans !

J’ai travaillé dès le départ dans le développement export des PME françaises dans ce pays, d’abord auprès de Business France (à l’époque au Poste d’Expansion Économique de Sydney), puis dans un cabinet spécialisé du secteur privé, avant de fonder en 2007 ma propre activité indépendante de conseil en commerce international.

Peu de temps après mon arrivée, poussé par la volonté de m’engager localement, j’ai eu l’occasion de rencontrer Vladimir Perm, militant de longue date, élu du Conseil Supérieur des Français de l’Étranger, qui avait créé la section « Australie » de Français du Monde (l’ADFE à l’époque) quelques années auparavant. C’est aussi à la fin des années 90 que j’ai rencontré l’une des militantes de l’association, Marie-Claire Guilbaud, qui sera élue elle aussi à la nouvelle Assemblée des Français de l’Étranger (AFE)  pour la circonscription Australie & Pacifique sud en 2001 puis en 2006. J’ai donc pu très tôt, dans ma vie de Français à l’étranger, me consacrer au travail associatif et aux échanges sur les problématiques rencontrées par nos concitoyens en Australie, comme militant d’abord puis ensuite comme président de l’association.

Marie-Claire Guilbaud et Jean-Philippe Grange

 

Certaines problématiques générales ou plus propres à l’Australie (éloignement avec la France, immensité d’un pays continent doté d’un seul consulat général, changement dans la sociologie des français d’Australie), ainsi que plusieurs années de représentation de notre association au sein des commissions consulaires (bourses scolaires, affaires sociales, OLES…) et de travail avec les sénateurs de gauche représentant les français hors de France, m’ont poussé à m’engager plus encore, en 2014, à l’occasion des premières élections consulaires issues de la réforme de la représentation des Français de l’étranger.

Ce fut une évolution assez naturelle et une période d’échanges et de débats particulièrement riche sur de très nombreux sujets : enseignement en français, services consulaires, actions culturelles, entreprenariat, assurance maladie, carte Vitale, droit social et familial, recherche d’emploi, objectif d’accord de sécurité sociale entre la France et l’Australie, fiscalité, défense de la bi-nationalité, etc.

Les thèmes progressistes avancés et défendus par notre liste « Français du Monde Citoyens et Solidaires », ont parlé à un grand nombre de Français en Australie, et tous restent d’actualité aujourd’hui !

A la tête d’un groupe d’ami.e.s engagés à gauche sur de multiples fronts – associations de solidarité, milieux économiques, assistance sociales, milieux éducatifs – nous avons été élus, ma colistière Marie-Claire Guilbaud et moi, au conseil consulaire d’Australie, de Fidji et de Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Dans la foulée, j’ai eu l’honneur de faire partie d’une liste « Asie-Océanie » de Français du Monde à l’occasion de l’élection des 90 conseillers consulaires formant l’Assemblée des Français de l’Étranger, une assemblée dont je fais partie depuis juin 2014.

Cette fonction élective de conseiller consulaire membre de l’AFE est particulièrement intéressante, même s’il n’est pas toujours facile de concilier vie familiale, vie professionnelle et travail de terrain et de coordination, en particulier dans un pays de la taille de celui de l’Australie et avec deux autres pays dans la circonscription. J’ai été élu cette année vice-président du groupe Français du Monde, Écologie et Solidarité à l’AFE, et nous sommes confrontés presque chaque semaine, avec mes collègues du bureau du groupe, à ce genre de challenge.

A l’occasion de mon travail associatif j’ai pu participer à plusieurs Universités de Français du Monde Asie-Pacifique depuis 2014 (Singapour, Bangkok…) et m’apprête à participer à celle de Siem Reap au Cambodge, du 2 au 4 mars prochain. Je soutien et j’appuie ces initiatives de rencontres annuelles régionales particulièrement riches, animées par les dynamismes des sections locales d’Asie-Pacifique qui les organisent. J’espère que d’autres régions du monde pourront développer ce concept qui me semble essentiel pour confronter les expériences, débattre entre militants de gauche dans une perspective régionale et travailler au maillage et à la coordination des sections de Français du Monde sur des perspectives thématiques et politiques.

Jean-Philippe Grange

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Commentaires

  1. Il n’y a pas que des français de gauche et même ceux qui le sont, sont avant tout des français comme les autres.
    Y aurait-il un représentant des français normaux sans étiquette. . .

  2. Il semblerait que vous ayez tendance à ostraciser les français vivant hors de FRANCE, qui ne sont pas de gauche !
    Étant donné que celles et ceux qui ne sont pas de gauche n’incarnent pas les idées de la bien-pensance que vous représentez !

  3. J’ai sillonné l’Australie en 1980 et à bicyclette, après avoir visité le monde de la même manière depuis 1975, sans gps, sans internet et sans téléphone portable; j’ai continué dans cette mouvance de liberté et de conscience jusqu’en 1990, où j’ai estimé que le monde avait bien changé… Alors, routard en 1991-92, c’est déjà autre chose. Ensuite, il faut oublier le clivage gauche-droite ; à l’étranger, il n’a plus de sens, nous sommes des Françaises et des Français (pas des Français.e.s !!!), même Mr Macron ne m’inspire pas. La vraie politique est menée par nous-mêmes, par notre représentation, nos échanges, notre exemple, notre culture. Oublions ces histoires de gauche et de droite pour nous centrer ce qui est important : la France est dans nos entrailles peut-être plus que ceux de métropole dont le fait d’y vivre est devenu presque une routine ; pour nous expatriés et expatriées, volontaires ou non, elle est comme une fille qui nous manque, que l’on chérit à distance, que l’on n’oublie pas. Quel beau pays, quelles belles gens, quelle belle culture. Nous devons être le miroir de ce qu’elle est dans sa grandeur et dans sa générosité, avec ses faiblesses dans notre imperfection et ses erreurs que nous devons corriger, dans notre fermeté pour défendre nos idées, notre idéal de liberté, mais aussi les limites à la tolérance pour ne pas être englouti et disparaître. Pour moi, c’est cela être Française, Français.
    Je ne suis d’aucun parti, je n’ai rien à demander, je suis juste un observateur attentif de ce monde qui voit avec quelque inquiétude, des dérives, et de plus d’icebergs devant nos vies.
    Juste pour rappeler qu’il n’y a pas que les politiciens dans ce monde, mais aussi des petites gens qui vous font vivre à leurs dépens.
    On ne peut que souhaiter que l’année 2018 soit bonne, mais vu le baromètre des humains, le temps ne sera certainement pas au beau fixe toute l’année.

  4. Les commentaires d’Alain, Moret et Joël Lodé m’on amené à…relire le témoignage de Jean-Philippe! Désolé, je n’y trouve pas trace d’un quelconque ostracisme pour des compatriotes non proches de l’ADFE! Mais élu de l’ADFE, il est naturel qu’il témoigne de son vécu en tant que tel.
    Il demeure vrai qu’à l’étranger les clivages sont moins nets et la concertation entre UFE et ADFE demeure fréquente:des Comores à la Tunisie, en passant par la Guinée-Bissao, le Gabon, la Guinée Conakry et Djibouti (pour diverses affectations professionnelles), c’est la situation que j’ai rencontrée…

  5. Les agents de municipalites a Sydney n’ont plus le droit de signer les certificats de vie.
    Ou faut il desormais s’adresser?

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