Itinéraires en Turquie : d’un voyage avec sac à dos à la création d’un festival de films – Portrait de Jean Michel Foucault, adhérent Français du monde-adfe

La Turquie est pour Jean Michel Foucault une vieille histoire.

Il a mis les pieds pour la première fois sur le sol turc en 1969. Avec son sac à dos, il est venu à Istanbul, en passant par Venise, avec le train qui s’appelait alors l’Orient Express. Son objectif était d’aller le plus loin possible et devoir du pays, de découvrir le monde. De là, au fil des rencontres, il a traversé toute la Turquie pour aller en Afghanistan en passant par l’Iran.

Jean-Michel a toujours aimé deux choses :  le spectacle, le théâtre en particulier, et le monde.

Pour regagner la France, il s’arrête à Trabzon et la seule auberge de l’époque était l’université technique, toute neuve. Seul étranger, il a été accueilli comme un pacha et a eu la meilleure chambre, l’infirmerie de l’université.

De là, son attachement à la Turquie et aux autochtones n’a cessé de croître. Chaque année, il est accueilli à bras ouverts, l’échange et cette envie réciproque de communiquer avec les turcs est à chaque fois au rendez-vous.

De formation littéraire, comédien, metteur en scène, producteur et directeur de compagnie, il a créé la comédie de Créteil qu’il a dirigée pendant 10 ans. En faisant du théâtre, gagner sa vie n’était pas tous les jours facile et à la fin des années 70 alors qu’en France, on achetait des ruines en Ardèche, Jean Michel Foucault achète une ruine dans la péninsule de Bodrum.

Ainsi, l’apprentissage de la langue turque débute, tout d’abord le langage des maçons nécessaire à la rénovation de la ruine fraîchement acquise. Entouré d’intelectuels qui chérissent cette péninsule, c’est un peu Saint-Paul-de-Vence en Turquie, ils découvrent entre deux tournées le voyage dans les pensions car sa demeure n’est pas prête à être habitée mais les travaux doivent être faits et suivis. Ainsi l’idée de promouvoir les pensions des villageois auprès d’agences de voyages françaises germe. Les premières vacances écologiques chez l’habitant débutent et remportent un vif succès.  Ce qu’il aime dans le voyage, c’est la rencontre.

« Faire goûter à des gens ce que j’avais goûté et ce qui m’a plu »

La structure se développe, un mariage arrive et Jean Michel s’installe définitivement en Turquie en 1986. Des circuits, des croisières sont proposés mais le tourisme de masse ne correspond pas à la philosophie de Jean Michel. Dans les années 2000, le tourisme d’affaires, l’organisation de séminaires à Istanbul se développent. Jean Michel porte une attention particulière, en ancien professionnel du théâtre, à l’histoire qu’on raconte, à ce qu’on crée lors de ces rassemblements. A chaque fois différents car l’organisation de ce tourisme est aussi lié à l’écoute et à la sensibilité des participants. La crise passe par là et le tourisme occidental, européen s’est écroulé. Jean Michel pense à autre chose, à une niche, et conçoit actuellement des voyages dans des festivals culturels français à destination des turcs.

« Je ne suis pas un expatrié. Je me considère comme un immigré. »

Jean Michel n’a jamais cherché un contact avec les associations mais lors du dépouillement des élections présidentielles entre Sarkozy et Royal, il rencontre un adhérent de Français du monde-adfe. Il est invité à des réunions de l’association et souhaite s’investir dans le développement culturel de l’association, sa spécialité. Des rencontres avec des écrivains turcs traduits en français et des sorties au théâtre sont organisées. Il y a de nombreux théâtres locaux et de très nombreuses compagnies et certains spectacles sont proposés avec des sous-titres français.

Du 20 au 23 avril 2017, un festival du film francophone a lieu à Istanbul. Sur une idée de Jean Michel Foucault, la section de Français du monde-adfe à Istanbul est donc à l’initiative du festival et l’organise. C’est la première édition du festival de premiers longs-métrages francophones. L’idée est de présenter les premiers longs métrages de cinéastes et réalisateurs contemporains vivants. C’est un cinéma d’auteurs sur des sujets d’actualité, sociaux et francophones. Des projections et des rencontres avec des réalisateurs, des producteurs et des comédiens vont avoir lieu. Ce festival a lieu dans 3 lieux emblématiques : Salt Galata, Istanbul Modern et à l’Institut Français. La réalisatrice Claire Simon est à l’honneur et sera du voyage.

L’affiche du festival a été créé par Fabrizi. Vous le connaissez très certainement : à l’occasion du centenaire du métro parisien en 2000, l’atelier Fabrizi a conçu l’habillage de la station de métro Tuileries. Chaque panneau représente une décennie du XXe siècle.

Les films sélectionnés sont tous en langue française mais seront proposés avec des sous-titres turcs qui ont demandé un travail difficile et périlleux à Jean Michel et à tous ceux qui ont participé à l’organisation de ce festival. Au nom de Français du monde-adfe, nous remercions Jean Michel de son idée et de son implication.

Tout savoir sur le Festival.

La suite ? Un autre projet ! Radiophonique cette fois ! Jean Michel faisait partie des acteurs de la mouvance des radios libres, dans les années 80, avec Radio Paris 80 et souhaite créer un projet de radio en Turquie. Un échange avec d’autres associations est envisagé pour pouvoir assurer un programme d’information sur des sujets turcs.

Simon Holpert

 

Photo de Jean Michel Foucault : © Jeanne Péri Foucault

 

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