« Oui à un enseignement ouvert à la diversité du monde »

© RealPhotoItaly - Fotolia.comClaudine Lepage, a abordé la question de l’enseignement, notamment de la PEC, dans une tribune libre au petitjournal.com : « La population française établie à l’étranger est particulièrement jeune. Plus de 25% de ces Français ont moins de 18 ans. Cette jeunesse, ouverte sur le monde et souvent riche d’une double culture, constitue un formidable atout pour la France. Il est du devoir du gouvernement d’investir dans son avenir et cela passe en particulier par l’enseignement.

Pourtant, le réseau d’enseignement français (présent dans plus de 130 pays et qui accueille près de 400 000 élèves – dont plus de 100 000 Français –) a été fragilisé au cours des dernières années. Depuis 2002, l’État se désengage du financement du fonctionnement du réseau au détriment des participations financières des familles.

La Prise en Charge (PEC) décidée à la hussarde par Nicolas Sarkozy en 2007 et annoncée de façon mensongère comme étant la «gratuité» de l’enseignement pour les élèves français de l’étranger, octroyée sans condition de ressources et réservées aux seules classes de lycée, n’a fait qu’accentuer les inégalités, exclure les familles des classes moyennes et déstabiliser l’ensemble du réseau dans sa qualité, son universalité et sa  pérennité.

Cette  » fausse gratuité  » ne concerne qu’une infime minorité d’élèves : moins de 2% des enfants français sont concernés soit 7600 élèves. Les enfants des agents de l’Etat scolarisés à l’étranger sont d’ailleurs exclus de la mesure. Rappelons aussi que 2/3 des enfants français ne fréquenteront jamais une école française et ne sont pas scolarisés dans l’un des établissements de l’AEFE : pour ces élèves, l’aide de l’Etat est bien maigre puisque les crédits dévolus aux programmes Français Langue Maternelle (FLAM) ne représentent que 0,6 millions d’euros quand la PEC coûte plus de 31 millions d’euros par an, soit 50 fois plus !

Ce dispositif injuste et coûteux a, de surcroît, produit des effets déstabilisateurs sur le système de l’enseignement scolaire à l’étranger. Ni la mise en place du  » moratoire  » sur son extension à d’autres classes, ni la  » cristallisation  » des droits de scolarité couverts n’ont permis de contrecarrer ses effets pervers tels que les augmentations des frais de scolarité décidées par de nombreux établissements. Tendance à la hausse qui s’est d’ailleurs accentuée suite à la mise en place en 2009 d’une contribution prélevée sur les établissements de l’AEFE, destinée à financer la part patronale des cotisations de pensions civiles des personnels, ainsi que les projets et l’entretien immobilier.

La PEC a également entraîné un effet d’aubaine : le désengagement de nombreuses entreprises qui ont cessé de financer la scolarité des enfants de leurs salariés, tout bénéfice encore pour ces entreprises, la nette réduction des contrats d’expatriation au profit de contrats locaux qui, pour leur part, ne prévoient aucun soutien aux familles en termes de frais de scolarité.

Aucun élève ne doit être exclu du réseau pour des raisons financières et géographiques. C’est pourquoi, un système de bourses attribuées sur critères sociaux et régionaux devra se substituer à la PEC, afin de rendre l’enseignement gratuit pour certains et à moindre coût pour d’autres.

Parallèlement, un meilleur financement du fonctionnement du réseau, notamment par l’aide au développement ou à l’entretien de l’immobilier et de la participation des autorités de tutelles aux traitements des personnels détachés de l’éducation nationale, permettra de contenir les coûts de scolarité.

Et il faudra aussi, bien sûr, multiplier les filières bilingues débouchant sur une double certification, en partenariat avec les pays qui le souhaitent. »

Claudine Lepage, sénatrice PS des Français établis hors de France – lundi 26 mars 2012

Paru sur lepetitjournal.com le 26 mars 2012

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