La République atteinte

Logo République françaiseLes crimes abominables de Montauban et de Toulouse nous concernent tous. C’est la République qui est atteinte, celle dont notre association défend les idéaux. L’armée nationale a payé son tribut : trois jeunes soldats qui avaient le tort, aux yeux de leur meurtrier, de servir dans l’armée française. Les Français de confession juive sont atteints en leur cœur, leurs enfants ; les musulmans de France ont payé aussi ainsi que les Français des départements d’outre-mer.

Les Français originaires du monde arabe n’ont pas fini d’ailleurs de payer, tant l’amalgame se fait entre le tireur haineux et ceux qui partagent son origine géographique, ont connu une trajectoire familiale semblable et habitent des quartiers identiques au sien. Quand les citoyens cessent de se reconnaître tous égaux, fondamentalement semblables, dans l’héritage de la Nation transmis par l’école, oui, sans emphase mais avec gravité, il faut le dire : la République est menacée.

C’est aussi l’idée que nous nous faisons de l’humanité qui est mise en cause. Nous nous réclamons de l’Humanité, de l’Humanisme, sans penser assez fermement que ce sont des luttes, jamais des acquis. La pulsion de mort est inscrite dans l’espèce humaine, nous en sentons la présence en nous quand nous faisons un effort de lucidité. Nous en connaissons le pouvoir aveuglant et maléfique. Il est vain de clamer que ces crimes sont inhumains, qu’en France, au XXIème siècle, cela est l’œuvre d’un fou. Non, cette-fois-ci tout indique que c’est la propagande islamiste radicale prônant une soi-disant guerre sainte, d’abord contre ceux qui sont jugés mauvais musulmans, les « renégats », puis contre les juifs et contre les occidentaux, les « croisés », qui a alimenté les braises de la violence qui rougeoyaient dans le cœur d’un jeune homme en perdition. Cette propagande en a fait le monstre froid qui abat des jeunes hommes de son âge puis des écoliers au seul motif qu’ils sont juifs.

L’enquête en dira plus long sur les complicités, les préparatifs, mais ne nous laissons pas distraire par les péripéties. Soyons lucides. Etre républicain, démocrate, pacifiste, c’est d’abord lutter avec vigilance contre la violence qui est en soi, contre le règne du plus violent dans la société, contre les idéologies séculières ou religieuses qui nourrissent de leur intolérance la pulsion de mort que nous voyons à l’oeuvre sur tous les continents où nous vivons.

La bête immonde, quand on la croyait définitivement morte, se réveille à Oslo l’été dernier, à Toulouse et à Montauban, au cœur du Sud-Ouest riant, de la Ville Rose en ce printemps 2012.

Monique Cerisier ben Guiga

présidente

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