La retraite… au soleil (épisode 3)

Français du monde-adfe a conscience de ces problèmes. Conscience que ces retraités-là ne reçoivent pas les soins qu’exige leur état de faiblesse. Mais les moyens d’action sont extrêmement limités. La  France n’a jamais voulu prendre en compte des citoyens qui ont préféré s’en aller ailleurs et qui de ce fait ne payent plus leurs impôts dans leur pays d’origine.

La France n’en a plus les moyens d’ailleurs, même si aujourd’hui la volonté était là. Le pays d’accueil ? Allons donc ! Quel pays d’accueil pourrait consentir à des étrangers des efforts financiers énormes qu’il ne peut offrir à ses propres concitoyens ? Sans compter tout l’arsenal juridique à mettre en place, parfois en inadéquation avec ses propres lois et coutumes ? Non, il n’y faut point compter[1].

Pas d’argent, pas de structure, pas d’arsenal juridique. Comment venir en aide à nos compatriotes du troisième âge vivant à l’étranger ? Bien sûr certains on fait librement le choix d’y aller passer leur retraite. Mais n’oublions pas tous ceux, maintenant très âgés, qui ont toujours vécu dans nos anciennes colonies ou nos anciens protectorats et qui y sont encore, sans ressources et souvent dans un état de santé très dégradé. Pour ces derniers, ils n’avaient aucun autre choix que d’y rester vivre : la vie et l’Histoire ont décidé pour eux[2].

Attendre qu’un investisseur aille monter une maison de retraite privée ? Cela sera possible un jour peut être ; mais les investisseurs privés attendent des retours sur investissement : c’est bien cela la base du capitalisme. Alors pour avoir une place dans ce genre d’établissement – s’il en existe un jour – il vaudra mieux être pourvu d’un bon matelas d’euros !

Il ne peut donc se mettre en place que des solutions au coup par coup. L’avenir de ces personnes dépend de notre inventivité, de notre travail, de notre faculté à vouloir les aider en dépit de tout ; l’une des solutions qui pourrait être un palliatif à la solitude et à l’abandon serait de fonder des associations qui pourraient fonctionner sur le modèle de la « Maison des Babas Yagas[3]. »

Viviane Claverie

A suivre…
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[1] Une mise sous tutelle qui a pour effet de protéger les biens matériels de la personne en état de faiblesse ne peut être placée que sous la juridiction des tribunaux français et ne peut donc pas se mettre en place à l’étranger.

[2] Il est très difficile de connaître très précisément le nombre de nos compatriotes concernés. Les Consulats sont très réticents à communiquer leurs listes, voire seulement des chiffres et d’ailleurs ces listes ne tiennent pas compte des Français qui ont toujours refusé de se faire inscrire sur les listes consulaires.

[3] Sorte de maison d’accueil, fonctionnant en coopérative fondée par un groupe de femmes seules voulant vivre ensemble pour faire face à la solitude et s’entraider mutuellement dans la  gestion des petits soucis quotidiens.

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