Etat des lieux de l’industrie française

Alternatives EconomiquesC’est un fait maintenant connu de tous, l’industrie française est en large déclin. Si cette situation dure depuis plusieurs années, la crise financière puis économique qui a frappé durement l’économie mondiale a fini d’affaiblir le secteur de l’industrie déjà bien mal en point. La victime ? L’emploi. S’il y avait 4,9 millions de travailleurs dans l’industrie manufacturière en 1974 en France, il n’y en a plus que 2,7 millions en 2011 !

Les faits

La crise a littéralement été le fossoyeur du secteur industriel français. Depuis 2008, date du début de la crise économique, 280 000 salariés y ont perdu leur emploi (9,5% des effectifs) sans compter les intérimaires. Ces travailleurs précaires, très présents dans le domaine de l’industrie, ont été les victimes moins visibles du recul de ce secteur. Car recul il y a. Les chiffres du déficit commercial illustrent parfaitement cet état de fait. Excédentaires d’environ 10 milliards chaque année jusqu’en 2003, les échanges visant les produits industriels français deviennent déficitaires dès 2005, pour atteindre un déficit de 40 milliards d’euros en 2011.

Les causes

Cette hausse des déficits peut être en partie expliquée par des choix faits par le secteur automobile, dont le poids dans le milieu industriel est certain. Ainsi, les constructeurs ont décidé depuis quelques années de produire davantage de véhicules à l’étranger, contribuant donc à augmenter le déficit.

Plusieurs autres causes peuvent néanmoins être mises en avant. Le patronat tape constamment sur le coût du travail, jugé trop élevé. Les industries françaises mettraient aussi beaucoup moins l’accent sur la recherche et l’innovation que ses plus proches voisins. L’industrie ne peut pas non plus compter sur un taux conséquent  d’entreprises de taille moyenne alors qu’en Allemagne, dont le modèle est tant vanté, l’économie repose en partie sur ces moyennes entreprises. Ce sont toutes ces causes additionnées qui  contribuent à augmenter les déficits.

Cependant, la principale cause est peut-être d’ordre plus général : le désintérêt progressif de l’Etat français pour le secteur industriel, jugé dépassé et qui a pâtit de la montée en puissance d’autres secteurs économiques comme celui des services par exemple.

L’avenir

L’avenir du secteur industriel passera donc nécessairement par la mise en place de politiques publiques au niveau national mais aussi européen. L’énergie, l’environnement, la santé seront à n’en pas douter des domaines incontournables pour l’industrie de demain. Il est en effet primordial de relancer un secteur qui garde un rôle moteur dans l’économie du pays. Car bien qu’en déclin, l’industrie pèse pour 85% de la recherche et du développement des entreprises et pour les trois quarts des exportations françaises.

Cet article est un condensé du dossier paru dans Alternatives Economiques, numéro 310, février 2012.

En partenariat avec
«Alternatives Economiques»

Un commentaire sur “Etat des lieux de l’industrie française

  1. Une autre raison est le désintérèt des jeunes pour le métier
    d’ingénieur, associé à l’industrie. Les écoles d’ingénieurs
    Françaises peinent à compléter leurs promotions. Mais, les
    Ecoles Centrales ont créé une Ecole associée à ..Shanghai !
    Gros succés auprés des jeunes élites Chinoises qui se pressent
    pour acquérir le savoir-faire des ingénieurs généralistes
    « à la Française », qui leur assurent de belles perspectives
    de carrière en Chine et..en Europe ! Les Chinois ont tout
    compris !
    Ingénieur de tradition ( Centralien entre autre ), j’ai proposé
    à mon fils de suivre la même lignée. Il m’a rit au nez et est
    allé faire un MBA dans une célébre Business-School aux USA.
    Aprés avoir travaillé comme trader pour une des banques les
    plus crapuleuses de Wall-Street, il vient de créér son propre
    fonds d’investissement à Londres ou il a levé quasi de suite
    25 milliards de $. Il a quand même daigné accepter de gérer
    les revenus venant des 23 brevets que j’ai déposé. Aussi pour
    développer des modèles mathématiques financiers.
    Quand à ma fille, elle a suivi le même chemin ou presque en
    allant faire ses études de médecine à Minneapolis. Maintenant,
    spécialiste mondiale en orthopédie, elle a sa propre chaine
    de cliniques aux USA. Heureusement, elle m’a engagé comme
    consultant pour le développement des appareils électroniques
    associés à son activité.
    En France, qu’auraient-ils fait finalement ?

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