La retraite… au soleil (épisode 2)

Peu à peu nos expatriés se sont fait de nouveaux amis ; ils ont adhéré à des associations, pour voir d’autres gens, pour se distraire, pour s’occuper. C’est qu’il faut vaincre l’ennui lorsqu’on est (presque seul) à l’étranger et qu’on n’y connaît pas grand monde.

Le climat est merveilleux et la santé s’améliore peu à peu ; les rhumatismes ? On n’en parle plus. L’arthrose ? Oubliée ! A la place arrivent d’autres maux. Un peu de diabète : on a tendance à forcer sur les gâteaux. Du cholestérol, c’est la faute de la bonne qui met trop d’huile dans ses petits plats. La tension est trop élevée : c’est que les restaurants sont moins chers qu’en France et après tout, on n’est pas venu ici pour se priver non ? Et puis il fait trop chaud pour marcher et prendre de l’exercice…

Un triste jour, l’un d’eux disparaît ; il a eu une brève maladie, ou un arrêt cardiaque, ou un accident et l’autre se retrouve seul. Les problèmes placés en embuscade derrière le mirage de la belle vie, déboulent. Comment faire face ? Le veuf, la veuve, anéantis ne font plus face qu’à moitié. Certains, mais ils sont peu nombreux vont retourner « au pays », s’abriter derrière des enfants qui vont les aider, des lois qui vont les protéger. Les autres vont rester là. La déprime les guette, leur santé en prend un grand coup et la vieillesse les attend montre en mains. L’argent aussi fait défaut : la pension de réversion paraît maigre.  Et cette sacrée solitude qui s’aggrave… Il ne reste plus grand monde quand on n’a plus rien à partager. Le loyer est trop cher, ou la propriété ne peut plus être entretenue. Il faut déménager pour un appartement bien plus petit, et bruyant, et mal situé. La dépression s’aggrave. Le physique suit rapidement le moral à la baisse.

Le Consulat s’émeut. Quelqu’un a signalé que dans tel quartier, un vieux monsieur, une vieille dame, seuls, avec de maigres ressources paraissent s’enfoncer dans les problèmes. Au mieux, ils sont aidés par la bonne toujours présente et fidèle. Au pire, ils vont tomber entre les mains d’un « chacal » qui va se faire donner tout ce qui leur reste et les laisser complètement à l’abandon et sans soin, parfois même leur faire subir des sévices, ça s’est vu. Le Consulat fait une enquête : on mandate la Société de Bienfaisance qui va faire un colis de nourriture, acheter des médicaments, aider à remplir des formulaires ; l’assistante sociale ouvre un dossier pour la prochaine Commission Consulaire d’Action Sociale ; mais elle ne se réunira que dans 8 mois ! En attendant la vie continue de se consumer. Il n’existe en dehors de la métropole aucune structure d’accueil, aucune possibilité de mise sous tutelle. Pas de maison de retraite, ou un nombre de places quasi nul, pas de maison médicalisée, pas d’aide à domicile, pas de personnel soignant qualifié… pas de prise en charge de la Sécurité Sociale française. La CFE ? Elle rembourse les frais médicaux, certes, mais quid de tout le reste ?

Viviane Claverie

A suivre…
Si vous avez manqué le 1er épisode de notre chronique, cliquez ici.

5 commentaires sur “La retraite… au soleil (épisode 2)

  1. Sincères félicitations à Viviane Claverie pour ses deux excellents articles réalistes et objectifs (La retraite…au soleil, épisode 1 et épisode 2) relatifs aux retraités expatriés.
    Je réside à Saint-Petersbourg en Fédération de Russie: je suis un Français établi hors de France.
    Je bénéficie d’une pension de retraite de l’Etat français et à ce titre un régime spécifique est appliqué par le Centre des Impôts des non-résidents de Noisy-le-Grand avec retenue à la source.
    Pour apporter des éléments complémentaires plus pertinents, je reviens sur deux constatations de Viviane Claverie:
    – « (…) la pension de réversion paraît maigre (…) » .
    En effet, le titulaire de pension qui est soumis au régime fiscal des non-résidents est exonéré de CSG et de RDS, mais par un subtil calcul pervers, l’admistration fiscale effectue des prélèvements majorés.
    En résidant en France, avec les mêmes revenus imposables, les taux d’imposition sont de 2 % à 3 % inférieurs.
    Un non-résident conservant des revenus de source française est considéré comme le veau d’or que l’on peut saigner sans scrupule.
    – « (…) pas de prise en charge de la Sécurité Sociale française. La CFE? Elle rembourse les frais médicaux, certes, mais quid de tout le reste? ».
    La Sécurité Sociale française?
    Elle fait l’objet d’une retenue sur le principal de ma pension.
    C’est le décret № 80-475 du 27 juin 1980.
    Elle prend en charge le remboursement des frais médicaux lors de séjours en France.
    Un expatrié exerçant une activité professionnelle à l’étranger et conservant des revenus de source française ne retourne en France, d’une manière générale, que lors de congés de quelques semaines.
    Il cotise donc 11 mois, environ, sans bénéficier des prestations S.S. (cependant déductible du montant imposable!).
    En ce qui me concerne, je n’ai pas résidé en France depuis mai 2006.
    Il s’agit donc d’un prélèvement indu car cette réglementation n’est pas applicable à ma situation.
    Pour obtenir le remboursement des frais médicaux en Fédération de Russie, j’ai choisi la CFE (« la sécurité sociale des expatriés ») et une autre caisse d’assurance.
    Bien que volontaires, ces sousciptions revêtent un caractère obligatoire car elles se substituent à la Sécurité Sociale qui ne garantit pas le remboursement des frais médicaux hors de l’EU-EEE.
    Les cotisations prélevées sur le principal de ma pension ne sont pas déductibles du montant imposable.
    Bref, cela pourrait être « une retraite au soleil » si elle n’était pas ombragée par « une pension de retraite qui paraît bien maigre » dans une France championne toutes catégories de la pression fiscale en taxes impôts et autres prélèvements obligatoires. (« misère fiscale-Tax Misery-Forbes)

  2. bonjour

    moi qui vie en Belgique je pensais prendre ma retraite au Maroc.

    quand est il?

    Merci si vous voulez bien me répondre

    Bien à vous

  3. Article nécessaire, merci. En Californie du nord, où j’habite, on rencontre des personnes âgées qui, certes n’ont pas choisi de s’y installer au moment de la retraite, mais qui ont des besoins similaires. Vieillir à l’étranger est une gageure. La vieillesse comporte un paramètre de « régression », en cas de manque on idéalise les anciens repères. Les soins médicaux sont particuliers à l’endroit où l’on se trouve, il faut constamment s’y adapter, expliquer. Exprimer un malaise, une douleur, dans une autre langue, dans une autre culture, même familière, est une difficulté supplémentaire.
    Effectivement, les CCPAS se réunissent une fois par an (un seul de nos consuls avait exigé deux réunions annuelles !), les critères d’aide sont absurdement bas, le retour au bercail pas évident.

  4. Resident et travaillant depuis pres de 34 ans a Djeddah,en Arabie Saoudite,apres avoir vécu en G-B pendant 8 ans,je lis pour la 1ere fois vos commentaires et les trouve des plus exacts

    Il est fort possible que cette année soit la dernière ici pour moi,a cause de mon âge,bientôt 62 ans,et me prépare a m’expatrier en Inde,pays ou je me suis rendu 26 fois,ou au Sri-Lanka,ou je me suis rendu 4 fois,mais ou les formalités de visa sont plus faciles pour les « Seniors »qui veulent s’y installer.
    Pourriez vous m’indiquez s’il s’y trouve des français installes,ou des associations françaises dans ces deux pays?Merci de votre réponse et a bientôt la lecture de vos commentaires des plus intéressants.
    Bien amicalement,
    Jean-Charles Marlier
    (Service d’anesthesie de l’hopital de la garde nationale a Djeddah)

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