Diplômés étrangers en France : le piège administratif de la circulaire du 31 mai

Le 31 mai dernier, à la veille de la fin de l’année universitaire, le ministère de l’Intérieur a adressé aux préfectures des régions et des départements une circulaire sur « la maîtrise de l’immigration professionnelle ». Cette circulaire concerne la procédure de changement de statut que doivent suivre les jeunes diplômés étrangers non européens pour obtenir un contrat de travail en France à la suite de leurs études. Ce qui l’an dernier n’était encore qu’une formalité de 3 semaines est devenu un cauchemar administratif.

Les étudiants étrangers titulaires de prestigieux diplômes de grandes écoles d’ingénieurs ou de commerce françaises et qui décrochent un emploi en France sont pris dans un piège administratif : manque d’information, délais vagues, frais engendrés par la constitution de dossiers qui, en bout de course, font l’objet d’un refus quasi-systématique… tout est fait pour les dissuader d’entamer leur carrière professionnelle dans le pays où ils se sont formés.

La Conférence des présidents d’université et la Conférence des grandes écoles ont d’ores et déjà fait part de leurs réactions très défavorables à cette circulaire. Un Collectif, dit Collectif du 31 mai,  regroupant de nombreux étudiants ainsi que des enseignants, s’est même formé afin d’obtenir le retrait de la circulaire. Ils dénoncent les conditions de dépôt de dossiers dans les préfectures (par exemple « la réduction de moyens dans certaines préfectures où le nombre de dossiers traités par jour a été limité, obligeant les étudiants à y dormir pour espérer trouver une place ») et demandent la régularisation des refus abusifs qu’ils ont commencé à recenser.

Difficile de ne pas remarquer non plus la contradiction flagrante qui existe entre le contenu de cette circulaire et les déclarations de politique étrangère en faveur de la coopération culturelle et universitaire…

En 2010, près de 6000 jeunes diplômés avaient pu obtenir le passage du statut d’étudiant à celui de salarié.

Pour en savoir plus : www.collectifdu31mai.com

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Commentaires

  1. Les diplômés étrangers ne devraient avoir aucun problème à intégrer notre société française. L’école, particulièrement à un haut niveau, est le plus important outil de promotion à l’appartenance nationale. Ces diplômés ont prouvé par le succès dans leurs études qu’ils sont capables de cela en plus d’être des jeunes gens responsables et instruits. C’est immigration de cette catégorie d’étrangers talentueux et formés en France que nous, Français, devrions mettre en priorité. Je suis pour qu’il y existe une voix simple et directe vers la citoyenneté pour les diplômés étrangers en France et au moins pour qu’il leurs soit possible de travailler en France à la sortie de leurs études pour une durée indéterminée.

  2. Certains pays ont compris la richesse économique et sociale que de faire bosser des étrangers. Outre le partage de culture,quoi de plus naturel pour un frère un cousin un ami resté au pays que de faire appel à celui qui est parti pour acheter un produit ou une prestation. On lui fait confiance, on le privilégie!. Nous exportons mal malgré nos savoir-faire… Un responsable commercial un directeur de projet,… d’origine du pays cible sera souvent notre meilleur ambassadeur. Son réseau resté au pays sera un atout de première classe pour réussir. En outre former est un investissement. Envoyer chez les autres ceux sur qui notre pays a investi sans attendre le retour sur investissement est une faute stratégique étonnante. La passion et l’intérêt électoral populiste parfois dérèglent le jugement et font perdre trop de bon sens!
    Merci de votre action.

  3. Alors, on les forme, souvent gratuitement, et quand ils ont la possibilité de verser des cotisations aux régimes qui vont permettrent à des Français de vivre mieux (chômage, retraite, Sécu…), on les renvoie. Bien souvent, ces embauches sont faites pour, à terme, envoyer ces jeunes dans leur pays d’origine pour travailler dans les filiales des groupes français. Qui a confondu immigration clandestine avec formation de cadres compétents et efficaces ?

  4. je suis française, j’ai eu la licence en Italie comment faire pour avoir l’examen correspondant. Merci de votre réponse

  5. et pour les francais ayant des diplomes etrangers et voulant rentrer en France pour y travailler quelles sont les conditions ???

  6. Il me paraît tout à fait normal de privilégier les jeunes diplomés francais,je ne vois pas ou est le scandale..

  7. Quel dommage. Des étudiants étrangers réussissent leurs études dans des hauts lieux de formation en France et ils sont facilement repoussés.
    Ces étudiants contribuent plus à la société française que les autres qui viennent pour se payer du bon temps…

  8. Ridicule.
    Il est clair que les « locaux » ont déjà un avantage certain par rapport à un étranger (maitrise de la langue, lourdeur administrative moindre pour l’entreprise). Nul besoin de rajouter un carcan supplémentaire.
    Côté entreprise il est souvent loin d’être évident de trouver le bon candidat pour les postes à pourvoir. Si une entreprise choisit un étudiant étranger pour un poste donné, c’est bien qu’elle considère qu’il est le plus à même de répondre à ses besoins. Pourquoi s’acharner à mettre des batons dans les roues d’un processus qui n’est déjà pas évident?

  9. bonjour,
    Je suis marocaine et mon frere est à l’ESC d’UNE DES VILLES FRANCAISES.
    je viens de suivre ce reportage, qui est tres touchant et invraisemblable.
    Serieusement, j’ai eu des echos sur ce sujet, mais à aucun moment je n’ai pu croire le nombre de licenciements que j’ai entendu.
    Là actuellement et grace à ce reportage je peux évaluer les dégats de cette circulaire.
    Je peux comprendre que les français veulent diminuer l’immigration mais pas de cette manière agressive. Pas avec les gens qui travaillent durs et qui donnent au pays une bonne valeur ajoutée.
    Rien que pour cela notre gouvernement marocain doit revoir toutes les transactions économiques actuelles( et dire que le gouvernement a signé une commande de TGV évaluée à des dizaines de milliards)
    très grave.

  10. N’est-ce pas faire l’apologie d’une forme certaine de colonialisme en plus d’être particulièrement condescendant vis a vis des pays d’origine, que de faire croire que la captation d’étrangers diplômés ne trouverait sa justification que dans la liberté individuel ? Non c’est une vision purement libéral et mercantile qui entrave les pays d’origines, comme le système du Franc CFA, l’OMC, et rabaisse ces diplômes a un status d’esclave d’un système économique loin d’approcher la perfection.

    Sachez que les gouvernements d’Afrique préfèrent envoyer leurs boursiers en Algérie, Maroc, Roumanie et même Russie, peut être que cette circulaire a aussi pour objet d’enrayer le déclin de la France et de ses universités particulièrement.

  11. Cette circulaire est complètement stupide, et ne fera qu’accroître la perte de notre influence dans le monde. Pour lutter contre l’hégémonie des universités anglosaxonnes, il faut que les jeunes des pays émergents (qui seront les clients de demain) soient à l’aise en France et qu’ils prennent la France comme référence professionnelle et culturelle. Si maintenant pour des motifs bassement électoraux (qui de toute façon ne rapporteront aucune voix à l’actuel gouvernement), on empêche ceux qui ont passé des diplômes de haut niveau chez nous de pouvoir compléter leur formation par une expérience professionnelle chez nous, nous sommes complètement à côté de la plaque, et ce n’est pas ce genre de mesure qui fera baisser le chômage des jeunes diplômés. La France a été historiquement une terre de passage, et notre culture est née de la diversité des apports ethniques et culturels. Au XVI et XVIIème siècle, nous avons été dirigés par des Italiens immigrés, et nous ne nous en sommes pas portés plus mal, au contraire. Si demain ce sont des Chinois qui nous dirigent,à partir du moment où ils s’intègrent chez nous, je ne vois pas où est le problème, s’ils sont les meilleurs et nous apportent leur travail et leur intelligence. Il vaut mieux de bons immigrés que de médiocres nationaux pourris par leur rente de situation. Les américains (que nous trouvons si stupides…) ont compris ça depuis longtemps.

  12. La France a parfois des reflexes qui nuisent certainement au rayonnement international auquel elle aspire… On parle de la promotion du Francais dans le monde. Les premiers promoteurs sont sans doute les etrangers qui ont fait le choix de venir etudier en France plutot qu’en Angleterre, aux Etats-Unis ou ailleurs. L’image que ces personnes renvoient de la France dans leur pays est cruciale pour le development, ou meme seulement le maintient du role de notre culture dans le monde. Nous devrions donc etre a la hauteur des espoirs que les etudiants etrangers mettent dans notre pays et leur permettre de se developper en France lorsqu’ils le souhaitent.

  13. Il y a 2 points sur lesquels je souhaite réagir.
    D’une part, empêcher les diplômés étrangers à L’UE d’obtenir un emploi en France, n’est pas judicieux. Je ne pense pas qu’ils soient une menace à l’emploi de dits Francais. Ils sont attractifs aux yeux de l’employeur parce qu’ils apportent un complément culturel qui souvent fait défaut au sein de l’entreprise. Une nouvelle facon de penser permet souvent de trouver des solutions à des problèmes soit récurrants soit nouveaux.
    A titre d’illustration, mon propre emploi en Norvège a répondu à cette logique.
    D’autre part, employer des non Européens en France est aussi un formidable moyen de promouvoir la culture francaise. Ils y sont déjà sensibiliser puisqu’ils ont fait le choix d’étudier en France. Ce sont de nouveaux ambassadeurs qui peuvent redorer le blason francais à l’étranger lors de leurs « retours au pays » occasionnels (vacances etc…).
    Pourquoi s’en priver de l’intérêt que suscite la France pour certains. Les empêcher de trouver un emploi en France ne nourrit que l’amertume et à terme se retournera contre la France (contrats économiques potentiels etc…).

  14. Bonjour à tous,

    Je suis française vivant en Arménie. Je suis d’accord de dire qu’il y a beaucoup d’immigration en France, il y a du pour et du contre mais quand se sont des étudiants étrangers qui viennent dans les grandes écoles françaises pour être diplômé et pour au final travailler en France, c’est un énorme avantage pour notre économie.
    Je préfère qu’un étudiant étranger ayant fait ses études en France reste travailler en France si il s’y sent bien et si il est intégré.
    Une petite partie des étrangers viennent en France seulement pour avoir les aides et glander, ces personnes ne sont pas bonnes pour notre économie.
    C’est pour cette raison que cette circulaire ne doit pas exister et donc défendre le Collectif du 31 mai.

  15. Il y a en effet une différence entre des étrangers qui viennent pour travailler(1), et des étrangers qui, ayant étudié avec succes en France, décident d’y rester pour travailler(2).

    Il me semble que la présente circulaire concerne surtout les cas (2). Et dans ce cas, il me semble totalement absurde d’accepter que des gens viennent de l’extérieur pour étudier en France, pour, une fois diplomés, leur refuser la possibilité d’exercer en France. Quel est l’intéret de suivre une formation en France plutot qu’ailleurs, si c’est pour de toutes facons travailler ailleurs? A partir du moment oú on accepte de former des étrangers en France, il devrait etre logique de les accepter comme partie de notre population active une fois terminée leur formation.

    Dans le cas (1), comme d’autres l’ont mentionné, il est important, si on ne veut pas que la France s’enferme dans une autarcie implosive, d’accueillir des professionnels étrangers, formés a l’étranger. Comme plusieurs d’entre vous l’ont manifesté, cela permet de confronter de nouveaux points de vue, manieres de travailler, savoir-faires ou appréhension des différentes techniques, marchés…
    C’est ce qu’ont aussi compris beaucoup de pays dits « émergents », qui accueillent des compétences d’autres cultures, les invitant á participer a leur croissance. Pour faire face a l’internationalisation des activités, cela me parait etre une nécessité.

  16. La question n’est pas de faire en sorte que sarkosy ne soit pas réélu
    La question est de faire en sorte que lui et toute sa politique soit totalement écrasée.
    La question est de faire en sorte que la sous-politique FN qui se trouve dernière cette circulaire ne devienne qu’un sombre souvenir dans notre culture francaise.

    A bon entendeur.

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