Mobilisation pour le réseau scolaire français à Madagascar

Suite à la brutale décision de l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger), en janvier dernier, de sacrifier Madagascar sur l’autel des réformes, la mobilisation ne faiblit pas.

L’AEFE projette en effet de fermer les lycées français de Fianarantsoa et de Diégo-Suarez d’une part, et de déconventionner les écoles primaires françaises de Manakara et d’Antalaha d’autre part.

L’objectif d’une telle réforme ? Faire des économies de postes d’enseignants pour faire face à la Réforme générale des politiques publiques (RGPP) et donc au non-remplacement d’un fonctionnaire partant à la retraite sur deux.

Ces décisions de fermeture et de déconventionnement ont de lourdes conséquences. En premier lieu, une surcharge des effectifs au lycée français d’Antananarivo. La création de places d’internat supplémentaires pourrait coûter jusqu’à 2,6 millions d’euros à l’AEFE. Elle entraînerait une dépense additionnelle de 270 000 euros à la charge de l’AEFE pour la prise en charge des élèves français et occasionnerait des frais importants (5000 euros par enfant) pour les familles malgaches, les frais de scolarité étant plus élevés au lycée d’Antananarivo que des les autres établissements de l’île.

Il faut dire aussi que les établissements ainsi sacrifiés fonctionnement bien et ont d’excellents résultats. De plus, le pourcentage d’élèves français qui  sont scolarisés dans le réseau AEFE de Madagascar (65,4%) est supérieur à la moyenne mondiale (47,1%). On assisterait à des fermetures en contradiction avec les missions de service public et de coopération qui sont celles de l’Agence.

Face à ce constat, des Collectifs Enseignement Madagascar se sont créés dans toute l’île. Ils regroupent toutes les organisations représentatives des parents d’élèves et des enseignants,  ainsi que les deux associations de Français à l’étranger (dont Français du Monde-ADFE) et sont soutenus par deux Conseillers à l’AFE, Jean-Daniel Chaoui et Xavier Desplanques, indépendamment de toute sensibilité politique.

Ces Collectifs ont organisé le 11 mai dernier, alors que le Conseil d’administration de l’AEFE se réunissait, une opération « écoles mortes » et des rassemblements dans la capitale mais aussi à Fianarantsoa et à Diégo-Suarez. Cette journée a connu un vif succès mais l’Administration semble camper sur ses positions. Les Collectifs continuent de réclamer la mise en place d’un moratoire et le lancement d’une concertation sur l’offre pédagogique du réseau à Madagascar.

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Commentaires

  1. Il est plus facile de détruire que de construire, finances ou pas. Bombarder la Lybie, détruire comme investissement financier, là aussi c’est facile. Mais construire par l’éducation, aider un peuple qui a été colonie de la France à garder une culture française, là.. c’est difficile. Y’a pas de principe, c’est com’ça la politique, qui plus est, budgétaire. Notre gouvernement est MI-NA-BLE et mérite d’être aussi fermé pour cause de bêtise et de mauvaise gestion du patrimoine.

  2. Nous connaissons aussi des problèmes au Lycée Français à Lubumbashi et nous nous sommes battu pour que l’enseignement par le CNED y soit maintenu et cela marche très bien.
    Suite à une proposition de poste nous envisageons de venir à Madagascar où nous viendrons en repérage dans quelques jours; mais pour nous avant de prendre une décision nous voulons être sûre que nous pouvons trouver une solution pour nos 2 filles même en structure CNED qui peut-être une solution aussi pour vous.

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