Les avantages du bilinguisme

Contrairement à ce que certains disent depuis longtemps le bilinguisme  a un effet positif sur l’intelligence. Les études montrent (Lambert)  un net avantage pour les enfants bilingues,  ce que les chercheurs ont expliqué par la plus grande flexibilité cognitive des enfants qui ont l’habitude de passer d’un système de symboles à un autre.  C’est une sorte de gymnastique pour le cerveau qui augmenterait ainsi son rendement.

Les enfants bilingues ont une possibilité de raisonnement abstrait plus grande qui est indépendante des mots, ce qui leur donne un avantage dans la construction de concepts et la résolution de problèmes abstraits.

Les enfants bilingues savent très tôt qu’il existe plus qu’une façon de s’exprimer, ils relativisent leurs langues. Ils ont la capacité de  réflexion sur la langue comme objet. C’est pour cela qu’ils ont souvent une facilité pour apprendre à lire car ils sont habitués à des systèmes différents pour s’exprimer.  C’est un avantage par rapport aux enfants monolingues.  Ils intègrent plus rapidement le principe de correspondance entre représentation mentale et écriture car ils sont déjà habitués à l’arbitraire du lien entre une image mentale et le signifiant correspondant.

Les enfants bilingues ont aussi une sensibilité communicative accrue. Ils réagissent plus rapidement dans des situations de communication car ils sont habitués à décider rapidement quelle langue il faut utiliser dans une situation donnée.

Les enfants bilingues ont une facilité pour apprendre une troisème, quatrième (etc. ) langue. Michel Tournier a écrit : « le bilingue jouit d’une merveilleuse facilité dans l’acquisition des langues, on dirait que la présence de la langue maternelle constitue pour l’unilingue un ballast qui s’oppose a l’entrée de nouvelles venues.”

Les enfants bilingues sont acceptés dans leurs deux cultures et sont ouverts plus naturellement à d’autres cultures. Le fait de maîtriser  la langue de sa famille, des grands-parents, des cousins permet de garder les liens avec la famille et de se sentir appartenir à un ensemble humain et géographique.

Les enfants bilingues ont des avantages intellectuels, plus de souplesse mentale,plus de créativité, plus d’originalité dans leur façon de pensée, trouvent plus facilement deux ou trois solutions à un problème. Ils peuvent trouver plus facilement beaucoup de réponses à une question ou un problème.

Ils ont plus de possibilités dans leurs carrières et avec la globalisation ils ont un avantage dans tous les domaines par rapport aux monolingues.

Et les études au Québec et ailleurs  montrent qu’il y a moins de personnes atteintes de la maladie d’Altzheimer, de la démence sénile et de tout autre déclin cognitif lié à l’âge (Grand Larousse du cerveau) chez ceux qui dès la petite enfance  ont parlé deux langues !

Le bilinguisme est un cadeau de vie aux enfants. Non seulement ils deviennent bilingues et également biculturels, mais c’est un cadeau qui doit être préparé et présenté avec soin car l’acquisisiton complète d’une langue est une entreprise de longue haleine et demande un engagement certain de la part de toute la famille. Bon courage !

Kersti Colombant

A lire :

Le défi des enfants  bilingues Barbara Abdelilah-Bauer
L’enfant aux deux langues
Claude Hagège
Le  souffle de la langue
Claude Hagège
The Acquisition of Syntax in Children from 5 to 10
Carol Chomsky
Language and Mind
Noam Chomsky
“Evaluation reactions  to spoken language”   Journal of Abnormal  Psychology 60 1960 Werner  Lambert
A study of the roles of attitudes and motivation in second language learning
Werner Lambert
The Hand
Frank Wilson
A first language Early Stages
Roger Brown
“Le bilingue, surhomme ou infirme?” Tournier Michel Le Monde le 3 mai 1973

18 commentaires sur “Les avantages du bilinguisme

  1. Bnjr ,je suis Jérôme Max Fabrice ,je suis Haïtien. En Haïti on nous dit toujours que nous avons deux langues officielles qui sont le créole et le français,pourtant en général tous les haïtiens savent parler le créole mais il y a qu une faible partie qui peuvent communiquer en français et ceci malgré on exige les élèves a parler français dans leurs écoles.A cause des médiocrités de la plupart des écoles aussi on dit souvent qu on parle un créole francisé.on écrit en français mais on pense en créole.

  2. Bonjour !

    Je laisse un commentaire sur cet article parce que je réalise un projet sur le bilinguisme dans le cadre de mes études pour comprendre comment l’apprentissage de deux langues différentes à un jeune âge peut se répercuter sur les aptitudes intellectuelles et sociales des individus. J’ai réalisé pour cela un petit questionnaire qui s’adresse à des personnes qui ont grandi dans un environnement bilingue. Si vous êtes dans cette situation et que vous passez par là, auriez-vous la gentillesse d’y répondre (et éventuellement de le diffuser!) ? Promis, ça ne dure que quelques minutes!

    Voici le lien : https://docs.google.com/forms/d/1hG3_ZY6-6hfAK9-XARc2UB_BH_SVwNE_c4PsCyYps18/viewform?usp=send_form

    Merci d’avance,
    Manon

  3. Moi, je suis née au Maroc, ma mère parle bérbère mon père arabe. En plus j’ai vecu toute ma vie en italie où j’ai étudie aussi l’espagnol, l’anglais et l’espagnol. Maintenant nous sommes démenagé en france depuis deux mois. Je parle trois langues chez mo, bérbère, italien et français, des fois j’ai mal à la tete :D

  4. ma mere est francaise et mon pere américain , je suis bilingue et je possede la double nationalité

  5. mes deux enfants sont bilingues anglais et francais.la mere est francaise et le pere est americains

  6. Bravo Kersti , cela ma bien aidé pour mon projet en francais:):)

  7. J’ai travaillé comme intervenante en langage dans une école primaire autochtone. J’avais donc pour tache de les franciser et ma principale et exclusive demande aux parents étais qu’ils ne parlent que l’innu avec leurs enfants. J’ai moi-même 4 enfants bilingues. Le français était dominant au début à Montréal. Malgré nos fréquentes visites aux États-Unis dans la famille de leur père, il a fallu que je brise la glace de leur préférence du français en les envoyant seules 3 à 6 semaines, aux Etats-Unis chez leurs tantes paternelles. Cela, les a définitivement débloqué. Malheureusement, le 4ème n’a pas eu les même privilèges nous habitons trop loin dans le nord. Les 2 premiers on fait, l’un la 5ème année, l’autre la 1ère du primaire en anglais aux New Jersey cela a exigé plus de travail au début de l’année. Ils ont fini avec des scores supérieurs à la moyenne des autres élèves. Je prône l’immersion, c’est comme cela que j’ai appris l’anglais et l’espagnol. Je rêve que mes enfants apprennent d’autres langues ainsi que moi-même. Pour ce faire, je m’organise pour que nous vivions dans un pays de l’Est d’ici 2 ans.

  8. Née en France; cela fait maintenant 15 ans que je vis au Canada. Après Québec et 10 ans à Calgary je suis désormais installée à Ottawa avec mon enfant de 3 ans dont le papa est anglophone. Bien que nous soyions séparés; pour moi; la question de savoir si mon enfant devrait être bilingue ou monolingue ne se pose pas. La réponse est claire car elle fait partie de lui; partie de son « ADN »; l’empêcher d’être bilingue serait nier une partie de lui et ne pourrait que le rendre malheureux.

  9. Je partage totalement les avis donnés dans cet article sur les vertus et les avantages du bilinguisme. Il faut cependant savoir que tous les bilinguismes ne sont pas équivalents. Certains bilinguismes qualifiés « d’asymétriques » par les linguistes peuvent être néfastes. Il s’agit des bilinguismes qui réunissent une langue majoritaire et une langue minoritaire (exemple anglais-français). Dans ce cas, la langue majoritaire aurait tendance à dominer l’autre langue et à la faire disparaître progressivement. Sans parler des difficultés du français au Québec, on sait que le poids de l’anglais en France même ne cesse de poser problème sur ce plan. Je voudrais mentionner, enfin, qu’il existe des solutions qui ménagent toutes les langues et qui peuvent sauvegarder au moins un certain degré de diversité linguistique. Les lecteurs intéressés pourront lire notre article dans le livre « L’intercompréhension et les nouveaux défis pour les langues romanes » publié aux Editions de l »Union latine », Paris 2011.

  10. Ces affirmations de M. Jean Smith sont délirantes! Tout comme la Catalogne, le Québec a des lois pour protéger sa langue. Et les Québécois francophones de souche doivent aller à l’école en français sans aucune dérogation par rapport aux immigrants. Il faut seulement que les Français sachent que le Québec n’est pas un endroit où apprendre l’anglais! Il y a tout le reste du Canada et les États-Unis pour cela.

  11. Je suis étonnée que ce site publie les commentaires de Jean Smith(?) sur la Loi 101 au Québec.
    Ces propos sont non seulement diffamatoires quant aux références et intentions prêtées aux Québécois, mais désuets : leur inexactitude a été prouvée depuis plus de 30 ans que cette Loi est en vigueur.
    De plus, les clauses et effets rapportés sont faux.

    Française d’origine et nullement victime de quiconque, bilingue (et un peu plus), n’ayant pas attendu qu’on me vante les mérites du bilinguisme ou d’une ouverture aux autres cultures, j’ai des enfants bilingues comme bien des Québécois.
    Par contre, un faux bilinguisme fait que comme bien des peuples nous avons, et les Français ont de plus en plus, «deux langues dans la même bouche» qui se mélangent maladroitement.
    Ce phénomène a-t-il été étudié en termes d’enrichissement (peu probable d’après mes observations) ou d’appauvrissement du raisonnement et des communications? J’aimerais entendre des scientifiques étudier cette confusion.

  12. Linguiste, moi-même bilingue et père d’un enfant trilingue (dont une langue « rare »), je ne peux qu’applaudir à ce texte de Kersti Colombant, qui sait de quoi elle parle. Le plus étonnant est qu’il faut encore argumenter pour défendre l’idée des bienfaits psychologiques, intellectuels et culturels du bilinguisme! On prend bien sûr ici bilingue au sens d’apprentissage précoce et parallèle de langues avec lequelles on a des attaches familiales ou culturelles ou géographiques (ou les trois à la fois), sans que ces langues soient forcément parlées absolument comme des langues maternelles. Un point important pour que l’enfant « adhère » à cet apprentissage est évidemment le rôle des parents, qui doivent eux-mêmes valoriser la langue de l’autre et si possible la parler, ou du moins en avoir une bonne connaissance. Et cela vaut nécessairement pour la culture que véhiculent les langues.

  13. Mentionner le Québec dans une étude pro-bilinguisme est pour le moins étonnant. N’oubliez pas que le Québec a la loi 101, une loi xénophobe, basée sur les lois anti-juives de Pétain en 1941 (interdisant l’accès aux universités aux juifs pour qu’ils n’aient pas d’avenir économique) qui interdit aux enfants d’apprendre l’anglais quand ils sont jeunes ce qui leur donne un handicap durable et héréditaire! La plupart des québécois pure-laines peuvent eux avoir le certificat d’éligibilité permettant a leurs enfants de devenir bilingues.

    Les expatriés français sont les premières victimes de cette loi car leurs enfants n’ont qu’une seule langue contrairement aux immigrants allophones.
    Au moins maintenant nous savons que les Québécois vieilliront mal mais on aimerait que l’ADFE soit moins silencieuse sur le problème que nos hommes politiques qui se taisent lâchement.

  14. Excellent article!
    Je suis Canadien -biligue- et je m’étonne toujours de constater qu’il y a encore des compatriotes canadiens, tant francophones qu’anglophones, qui s’imaginent que le bilinguisme est une tare dans notre société.
    Les programmes d’immersion au Canada (écoles de langue française conçues pour les élèves anglophones)n’ont cessé de croître depuis plusieurs années.
    Merci à Kersti Colombant.

  15. Il serait peut-être bon d’actualiser un peu les recherches de fond sur la question : notamment en psychologie, mentionner la recherche de Ellen Bialystok sur le cerveau des bilingues et l’impact du bi-ou multi-linguisme sur les cerveaux vieillissants.
    En termes de recherches sur le bilinguisme une abondante littérature témoigne du dynamisme de la recherche dan les domaines liés au bilinguisme, à l’éducation bilingue et au contact des langues (Meisel,Grosjean,Cummings,etc.) sans oublier les études portant sur la vitalité linguistique des communautés minoritaires au sein de sociétés bilingues . Food for thought!

  16. Cette publication me donne un souffle de soulagement. Tout d’habord moi-même née en France d’outre mer, je fus exposée au bilinguisme dès la naissance. A notre arrivée en France je devais apprendre l’anglais et l’espagnol dès l’entrée au lycée. L’Angleterre et l’Espagne étant tout proche j’y allais assez souvent pour comprendre l’utilisation des langues. Tout de suite après le bac, de mon temps je pouvais entrer dans l’enseignement. Grâce au système de coopération j’ai enseigné aux Etats-Unis puis dans des écoles bilingues et d’immersion au Canada jusqu’à la retraite. J’ai moi-même deux enfants. Je n’ai pas donné d’autre choix à mon premier que de faire ses études dans les écoles d’immersion car c’était pratique pour mère et enfant de se rendre au même endroit chaque jour. Nous avions aussi les même jours de congé et de réunion. IL avait des difficultés aux High School surtout en math. Il n’a pas pu devenir ni vétérinaire, ni pédiatre. Je me suis tapée sur les doigts de regrets. Cependant il est devenu un homme heureux <>. Il travaille bien sûr pour subsister mais consacre son temps à sa passion pour la musique. Pour la deuxième, les enfants étant plus grands, c’était plus facile. Je lui ai laissé le choix d’aller au High School unilingue comme tous ses amis. Elle a eu plus de succès à l’Université. Elle a maintenant un poste important dans l’insdustrie du pétrole. Toutefois elle est souvent stressée et non satisfaite au travail.Si c’est à recommencer que ferais-je?

  17. Père de quatre enfants bilingues, chinois langue maternelle et français langue paternelle, je ne peux qu’applaudir cet excellent article.
    Brvo Kersti!

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