Journées du Réseau culturel français à l’étranger 2010
Les journées du réseau culturel français à l’étranger – dont le thème était « La France à l’écoute du monde » – se sont déroulées à Paris les 19,20 et 21 juillet. Elles rassemblaient de nombreux agents du réseau culturel et de coopération français en poste à travers le monde, ainsi que de multiples partenaires (ONG, agences gouvernementales…) Elles furent aussi l’occasion pour Bernard Kouchner de défendre la création de l’Institut Français, dont la forme est contestée, devant un public particulièrement concerné.
Le ministre des Affaires étrangères et européennes Bernard Kouchner, a profité de la clôture de l’événement pour défendre le projet de loi créant l’Institut Français qui vient d’être adopté par le Parlement. Pour lui, ce nouvel établissement public permettra de faire entendre la voix de la France dans le domaine du « soft power » en dotant le pays d’un opérateur moderne et efficace.
L’Institut aura un lien étroit avec les établissements culturels du réseau pour la promotion de la langue, la formation du personnel et la gestion des carrières. La réforme sera progressive : trois années d’expérimentation pendant lesquelles les activités culturelles de 10 postes seront directement rattachées à l’Institut basé à Paris plutôt qu’à l’ambassadeur devront permettre d’évaluer l’opportunité de rattacher toutes le réseau culturel français à l’étranger à l’Institut Français.
Lors de son intervention, le ministre était clairement sur la défensive face aux critiques estimant que la réforme ne répondait pas pleinement aux problématiques rencontrées par les agents. Il a donné une vision très optimiste de la situation : pour lui les crédits du ministère seront conservés par le maintien sur 5 ans de 100 millions d’euros. La veille, le Secrétaire général du ministère des Affaires étrangères et Européennes Pierre Sellal s’était bien gardé de donner des chiffres, indiquant seulement que les crédits pour le culturel seraient conservés et qu’il serait souhaitable de les compléter par un apport privé.
Le personnel à l’étranger réuni là ne semblait pas convaincu par ces discours. On peut d’ailleurs se demander si les chiffes lancés par le ministre auront une véritable existence.
Le ministre de la Culture et de la Communication Frédéric Mitterrand a quant à lui souligné la collaboration étroite et nouvelle qui allait exister entre son ministère et l’Institut Français, qui sera présidé par Xavier Darcos, également présent.
En dehors des passages obligés des discours officiels, ces journées étaient véritablement axées sur le travail et l’élargissement des perspectives pour les agents œuvrant sur le terrain. Ateliers, tables rondes et débats-flash leur ont permis d’échanger entre professionnels, de découvrir de « bonnes pratiques » et de témoigner de la vivacité d’un réseau qui, comme le soulignait le chercheur Dominique Wolton, invité, doit plus à son activité humaine sur le terrain qu’à toutes les initiatives en ligne. Les nombreux stands ont aussi offert l’occasion à chacun de parfaire leur connaissance de partenaires utiles pour leur travail.

le 30 juillet, 2010 à 10:13
Merci chers amis de l’ADFE pour ce commentaire fidèle à l’esprit actuel qui règne dans le réseau culturel de l’étranger :
Celui d’un grand doute sur son avenir, d’un scepticisme largement partagé sur une réforme mal calibrée et qui inscrit dans la loi la commercialisation de la Culture via un établissement « industriel et commercial » qui servira de pivot au réseau.
Sur le plan du financement, il est toujours facile de lancer des chiffres par brassée, surtout du haut d’une tribune, avec un peu de cosmétique communicante on fait toujours dire au chiffre ce que l’on souhaite qu’ils révèlent, quitte à jouer avec l’éthique budgétaire :
Pour le ministre, des moyens d’action qui se maintiennent ou qui progressent. Pour tous les autres observateurs du réseau, syndicalistes ou agents en poste en Centrale ou à l’étranger, pour les usagers ou pour les parlementaires de gauche qui connaissent la question, une régression des moyens sans équivalent, alors que les réseaux culturels étrangers se renforcent dans le même temps ;
Ce réseau pourrait pourtant trouver à se renforcer, autour de la promotion de la langue et de la francophonie, de la défense des cultures minoritaires, du rayonnement d’une pensée française qui est en train de se régénérer, tout du moins dans sa frange radicale et universaliste (je pense ici à l’influence croissante dans le monde des idées d’Alain Badiou et de Jacques Rancière), il pourrait être le siège d’une rencontre pacifiée entre la France et les pays du Sud, le lieu d’un dialogue des cultures et des civilisations…
Vouloir aujourd’hui en faire une officine parisiano parisienne de Culture France n’est pas forcément ce qu’on pouvait rêver de mieux pour l’arrimer à un projet de relance…d’autant que les « levées de fonds miraculeuses » à attendre de l’aspiration au tout commercial assignée à ce réseau risquent de faire long feu…
quand on sait que le réseau se finance aujourd’hui à plus de 50% par la vente de cours de français, que le sponsoring culturel est réel, on voit donc que ce n’est pas d’un nouveau statut dont ce réseau avait besoin, mais surtout d’une nouvelle feuille de route pour redonner du sens à son existence.
Amitiés Associatives
Boris Faure
Varsovie