Retours d’Haïti, jeudi 21 janvier 2010
Ce matin encore Français du Monde-ADFE était présente à Orly, avec Isabelle Chardonnet et Julia Trinson. Un vol opéré par un avion militaire qui avait déposé du matériel d’urgence en Haïti arrivait aussi aujourd’hui à l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle, où notre association n’était pas présente.
Un premier avion a rapatrié 18 personnes, Haïtiens et Français. Un second appareil ne ramenait que 2 personnes sur les 30 initialement prévues : les 28 autres ont vu leur départ retardé en raison de leur état psychologique, trop fragile pour entreprendre un vol long courrier. Plus les jours avancent, plus tard les personnes ont été évacuées et plus graves sont les choses qu’elles ont vues, entendues, vécues. A l’aéroport, les regards sont graves, parfois perdus. Certaines personnes craquent à leur arrivée ou à la vue d’un visage familier.
Dans la salle réservée à l’accueil des passagers en provenance d’Haïti, la douzaine de personnes du centre d’urgence médico-psychologique a fort à faire : beaucoup d’écoute, quelques gestes chaleureux, des enfants à cajoler, à faire dessiner pendant que les parents effectuent leurs démarches. Les bénévoles de la Croix Rouge s’affairent aussi, cherchant des vêtements chauds dans la bonne taille, servant des boissons, tendant une oreille attentive. Les représentants des autres associations – dont la notre – circulent, glanent des informations auprès des administrations, proposent une aide.
L’organisation à Orly est maintenant rodée, bien que les évacuations d’urgence arrivent d’ordinaire à l’aéroport de Roissy. Malgré l’inadéquation initiale de la salle d’accueil, des espaces spécifiques ont été aménagés : zone pour les enfants avec jouets et coloriages, espace de distribution de vêtements, espace « administratif » pour faire établir des attestations, trouver une solution de logement, …
Enfin, parmi les passagers, beaucoup de familles incomplètes : des Haïtiens dans l’attente d’un conjoint ou d’enfants mineurs, faute de papiers. Espérons que l’administration saura faire face avec bienveillance à l’urgence humanitaire, en traitant rapidement et positivement ces dossiers, derrière lesquels se trouvent des drames personnels.
