Annonce de la réforme de l’action culturelle extérieure française
Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a annoncé le 28 octobre les grandes lignes de cette réforme attendue depuis plusieurs mois. Résultat : la création en plusieurs étapes d’une agence centrale qui agira comme une marque, avec une attention particulière portée à la formation et à la « stratégie ». Mais pour quel contenu ?
L’agence centrale parisienne s’inscrira dans la logique d’une « diplomatie d’influence » et aura pour mission de « promouvoir nos idées, notre culture, notre langue, nos savoirs ». Elle prendra la forme d’un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC), dont la création devra faire l’objet d’un passage devant le parlement. Localement, à l’étranger, cette agence disposera de relais portant le même nom, s’appuyant sur des outils de communication uniformisés et travaillant sur le même périmètre. Ces relais seront issus de la fusion des centres culturels et des services des ambassades chargés de la coopération et de l’action culturelle. En termes administratifs et budgétaires, ils resteront rattachés aux ambassades et seront autonomes financièrement.
Cette étape durera trois ans, a annoncé le ministre. Ensuite, une évaluation sera faite pour éventuellement procéder au rattachement administratif des établissements locaux à l’agence centrale parisienne. Le ministre a insisté sur le soin qui sera apporté à la formation du personnel d’un réseau qui est pour l’instant très éclaté et précisé qu’une équipe serait nommée pour préparer la mise en place de la réforme.
Le ministre a confirmé qu’il avait obtenu 40 millions d’euros supplémentaires par rapport au plan triennal pour financer cette réforme sur 2009 et 2010. Bien que l’ensemble des acteurs de l’action culturelle extérieure soit d’accord sur la nécessité d’une réforme de fond, pour un réseau unifié autour d’une vision stratégique, notre association reviendra sur les questions de financement, de fonctionnement, de calendrier de mise en place et de compétences exactes de cette agence qui appellent encore de nombreux éclaircissements.

le 19 novembre, 2009 à 3:27
Les projets gouvernementaux de réforme de la politique culturelle extérieure de la France suscitent de vives inquiétudes, compte tenu des baisses constantes de budget et du désengagement constaté depuis des années. Devant les menaces qui pèsent sur l’avenir de la Médiathèque Charles-de-Gaulle de Tunis, nous avons adressé une lettre ouverte aux Ministres des AE et de la Culture demandant que les Associations représentatives et les Elus des Français soient expressément tenus au courant et consultés avant toute décision envisagée dans leur Pays de résidence.
Françoise Tabbane , responsable de la Commission Culture Section ADFE-Français du Monde de Tunis, Tunisie