RFI : le point sur la grève
Impossible de trouver vos programmes habituels sur RFI ? Rien de plus normal : depuis le 12 mai, les personnels de Radio France Internationale sont en grève illimitée pour protester contre un « plan de modernisation » qui supprimerait 206 emplois et ferait disparaître sept rédactions en langues étrangères.
Au quinzième jour de grève, les salariés témoignent de l’impossibilité de dialoguer avec une direction de moins en moins présente. Pourtant, la mobilisation continue et l’intersyndicale à l’origine de la grève a des revendications claires : retrait du plan de la direction et ouverture de vraies négociations. En particulier, les salariés soulignent que le plan prévoit des licenciements « économiques » sans aucune justification économique dans le service public, maquille des licenciements en « départs volontaires », est discriminatoire entre journalistes en français et en langues étrangères – limitant les possibilités de reclassement- et implique des conversions forcées.
Alors que la chaîne de télévision France 24 vient de lancer une nouvelle grille des programmes, force est de constater que les directions de RFI et d’AEF – et avec elles le gouvernement- cherchent à favoriser un nouveau média au succès incertain plutôt que de soutenir une radio à la popularité et à l’impact réels. Difficile d’y voir une stratégie à caractère géopolitique, ce qui est pourtant un des arguments principaux de la direction de RFI.
Enfin, la justice a donné raison aux salariés de RFI : dans une décision du 11 mai dernier, la Cour d’appel de Paris a ordonné la suspension du plan social et des licenciements envisagés, considérant que « le refus de la société RFI d’informer et consulter le CE du chef de la mise en place d’AEF est constitutive d’un trouble manifestement illicite à la régularité de la procédure d’information et consultation sur son Plan de Modernisation et ses conséquences sur l’emploi. »
Retour sur le « plan de modernisation » ici.
Suivez le combat des salariés de RFI au quotidien sur le blog : http://rfiriposte.wordpress.com/

le 26 mai, 2009 à 6:30
Il me semble que la direction joue la montre et le pourrissement de la situation -avec bien sûr un mépris total tant pour ses employés que pour ses auditeurs, sinon comment expliquer que la grève entre dans sa 3ème semaine sans qu’aucune avancée ne soit en vue? De mémoire d’auditeur assidu de radio, je n’ai jamais vécu une grève des ondes aussi longue!
MaB
le 8 juin, 2009 à 12:01
Le plus dur dans ce genre de problème est de rester neutre et objectif…
Concernant le « mépris », je mets dos a dos (puisqu’ils ne peuvent être face-a-face… sic) la « direction » et les « grévistes ».
Il faut être correct. Nous n’avons pas MAINTENANT des émissions parce que les grévistes nous en privent. Nous n’aurons pas DEMAIN des émissions parce que la direction en supprimera.
1 but partout dans ce match (á éliminations?).
Surtout lorsque je ne suis qu’auditeur, que je ne sais pas ce qui se passe réellement en arrière-scène (envie de savoir? Pas sur. Peut être ai je assez de problèmes la ou je vis pour ne pas en rajouter…), et qu’en fin de compte, je n’aime pas trop être pris en otage…
Situation difficile ou l’on peut considérer que RFI scie la branche sur laquellecette radio est assise. Je laisse a quiconconque de definir qui est assis sur la branche (la direction? Les grevistes? les 2? Les auditeurs?).
J’hésite a me plaindre. Apres tout, je ne paye rien pour écouter RFI! Il me suffit de mettre sur 105.5 où je suis (MZ) le matin lorsque je me rase, et c’est tout ce que cela coute. Je suis donc neutre. Ils ont des problèmes? Effectivement, il faut qu’ils balayent devant leurs portes… et changent les gonds visiblement…
Laissons les faire.
Moi, en attendant, j’essaye de répondre en souriant à mes collègues étrangers qui se moquent encore une fois de « la France en grève »…
« oui … je sais … je sais … », je réponds d’un ton las…
Au moins j’ai la chance de comprendre l’anglais. Je me rase donc maintenant au son de la BBC ou de « voice of America »… Et puis, si je trouve qu’ils me réveillent mieux le matin que RFI, la radio restera sur la même fréquence …
le 24 juin, 2009 à 9:08
nous en sommes à 7 semaines de grève et la direction reste sourde aux revendications des grévistes. Et contrairement à Jean-Pierre, je paye, puisque je m’acquitte des mes impôts et que RFI est subventionnée par l’agent des contribuables (y compris le salaire très « confortable » de sa directrice). Ne pas négocier relève effectivement d’un mépris insupportable!
A quand une campagne de pétitions lancée par l’ADFE pour manifester notre désir de voir le gouvernement (son ministre de la culture mais aussi son ministre des Affaires Etrangères, juge et partie dans cette affaire) intervenir pour que RFI reprenne une activité normale.