Conférence internationale des conseils et institutions de l’émigration : Français du Monde ADFE y était.

Français du Monde ADFE a participé les 3 et 4 mars dernier à la première conférence internationale des conseils et institutions de l’émigration, organisée par le Conseil de la Communauté Marocaine à l’étranger (CCME). Cette instance consultative créée il y a un peu plus d’un an, a ainsi montré son dynamisme et sa volonté de mettre en synergie les instances dédiées par les Etats à leur population émigrée afin de faire progresser la réflexion et la législation sur les problématiques de l’émigration.
La manifestation rassemblait une centaine de participants, dont des ministres, des représentants d’associations d’émigrés, des élus aux institutions représentatives d’expatriés, des experts en matière migratoire et des responsables politiques. Marie-Pascale Avignon-Vernet, de la section Français du Monde-ADFE du Maroc, y représentait notre association et partage les points marquants de cette première conférence.Le choix des mots n’est pas neutre : on parle ici d’expatriés, là d’émigrés … Les raisons et les conditions de cette émigration, le nombre de personnes concernées, les évolutions (retour dans le pays d’origine ou intégration définitive dans le pays d’accueil), la force et la nature des liens avec le pays d’origine varient. Par ailleurs beaucoup de pays sont pays d’émigration et pays d’immigration, ce qui amène parfois un changement de perspective dans l’approche des questions.
L’évolution politique interne de chaque pays, les avancées démocratiques en particulier, et la prise de conscience de l’importance des retours (en termes financiers et de compétences) ont mis à l’ordre du jour dans de nombreux pays la question de la représentation politique des ressortissants vivant hors des frontières nationales. Des législations et des politiques publiques variées ont été mises en place et elles continuent à évoluer.

Cette conférence a été l’occasion de croiser les réflexions sur la place à donner aux ressortissants expatriés dans la vie politique d’un pays, sur le mode de leur représentation politique, de comparer les expériences nationales présentées. Les politiques publiques menées en leur faveur ou pour canaliser les aides financières qu’ils envoient à leurs familles dans le sens du développement du pays ont également été abordées.
Bien sûr les points de vue exprimés par le Mali et l’Equateur, d’où sont issus beaucoup de travailleurs pauvres, n’étaient pas forcément les mêmes que ceux de l’Espagne, du Liban ou d’ailleurs, mais au-delà des différences, plusieurs idées semblent partagées :

  • Au-delà des difficultés d’intégration et de certaines dérives xénophobes, les phénomènes migratoires sont un puissant levier de compréhension mutuelle entre les peuples et d’enrichissement culturel;
  • Intégration des migrants dans le pays d’accueil et préservation de leur identité culturelle et des liens avec le pays d’origine sont les deux termes d’une équation délicate à résoudre mais incontournable.
  • L’analyse comparative et la réflexion collective ne peuvent que contribuer à mettre en place des politiques concertées et qui prennent en compte en priorité l’intérêt et la protection des populations migrantes.

Pour finir, signalons deux éléments symboliquement forts :

  • Le passeport universel proposé par l’Equateur et distribué aux participants, qui permettrait de se déplacer sans encombre sur toute notre planète.
  • A propos de la façon dont sont traités les émigrés (légaux ou non) par les autorités des pays d’accueil, plusieurs remarques ont été formulées que peuvent résumer les paroles d’un représentant malien: «Ne faites pas aux immigrés dans votre pays ce que vous ne supporteriez pas qu’on fasse à vos ressortissants émigrés dans un autre pays».

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